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Salon de Genève : le haut de gamme français confirme sa percée

La 508 Peugeot Sport Engineered, présentée au Salon de Genève, veut faire la preuve que l'électrification des modèles peut devenir source de performance et de sportivité.

La 508 Peugeot Sport Engineered, présentée au Salon de Genève, veut faire la preuve que l'électrification des modèles peut devenir source de performance et de sportivité. - Antoine Larigaudrie

Renault et PSA ont présenté des modèles de plus en plus ambitieux, avec une nette montée en gamme et même des ambitions sportives très affirmées.

Non, le premium allemand n'est certainement plus seul maître à bord quand on parle d'automobile haut de gamme et de véhicules à vocation sportive. BMW, Mercedes et Volkswagen investissent des milliards d'euros et se transforment à vitesse grand V en faveur de l'électrification, tout en conservant leur positionnement traditionnel. Mais les constructeurs français progressent, au milieu d'une transformation géante de l'industrie qui pourrait justement être source d'opportunités, de parts de marché à prendre, de plus-value et donc de rentabilité.

Car si le premium allemand tente de se « verdir » en s'adaptant aux tendances actuelles, PSA ou Renault, pendant des années plutôt en retrait des segments haut de gamme et sport, y voient justement l'occasion de créer des modèles à plus forte valeur ajoutée et plus ambitieux.

Montée en gamme et en qualité

Si Renault avait décidé de mettre la nouvelle Clio à l'honneur le premier jour du Salon de Genève, il n'a échappé à personne que ce modèle, pourtant citadine à large diffusion, avait fait un bond en avant en termes de qualité et d'image, au point d'atteindre un niveau proche des modèles équivalents chez Volkswagen. 

« Accroître notre ambition en matière de positionnement de gamme et de marge est essentiel pour Renault, car le volume n'est pas tout. Il faut créer des modèles ambitieux et pouvoir en vivre! » déclarait Thierry Bolloré, directeur général de Renault, lors du lancement de la nouvelle Clio, de 5ème génération.

Renault Sport et Alpine : des références

De plus, si la Clio était la vedette du premier jour, la 2ème journée (traditionnellement consacré à la presse mais aussi à la clientèle privilégiée) fut l'occasion d'une refonte du stand Renault, qui cette fois mettait en première ligne la Talisman, grande berline statutaire dans sa finition la plus cossue, ainsi que la Megane RS (Renault Sport), modèle peu diffusé (quelques milliers d'exemplaires par an) mais réputé, au point de devenir une référence mondiale en terme de sportivité et d'efficacité sur le segment des berlines moyennes.

Si Alpine, filiale de Renault, était absent du Salon de Genève, son A110 a fait parler d'elle en arrivant à égalité de point avec le Jaguar IPace lors de la remise des récompenses de Voiture de l'Année. Le SUV 100% électrique l'a emporté grâce à un nombre de votes supérieur. L'Alpine était déjà aussi, selon le prestigieux magazine britannique Top Gear, la meilleure sportive de l'année 2018.

Quand l'hybride rime avec performance

Un ensemble d'éléments qui montre bien que Renault, après une grosse décennie d'abandon relatif, est en train de repartir vers des modèles à plus forte ambition en termes de gamme. Un signal encourageant qui assure la pérennité de sites industriels importants pour le groupe, notamment celui de Dieppe, qui assure la production des modèles griffés Renault Sport et des Alpine. L'ambition haut de gamme et sportive est précisément un argument de plus pour conserver un outil de production sophistiqué en France, destiné à fabriquer des modèles à forte plus-value.

Même philosophie chez PSA. Sauf que contrairement au premium allemand, il n'est pas question de "verdir" un segment existant, mais de trouver dans les technologies d'électrification des idées pour réaliser des modèles plus haut de gamme et plus sportifs. La motorisation hybride rechargeable qui sera étrennée sur les Peugeot 508 et 3008 à la fin de l'année (ainsi que sur le DS7 Crossback et plusieurs modèles Citroën), permet déjà d'atteindre les 300 chevaux. Cela fait plus d'une décennie qu'un modèle de série de la galaxie PSA n'avait atteint un niveau de puissance aussi élevé.

Retour du « sport-plaisir » chez Peugeot

Mais Peugeot compte aller encore plus loin en développant une ligne spécifique, qui va se servir de l'hybridation comme source de sportivité. Le constructeur l'a prouvé avec la surprise du salon : une berline 508 survitaminée, d'une puissance poussée à 400 chevaux, mais qui n'émet qu'une cinquantaine de grammes de C0² au kilomètre ! 

Un modèle qui incarne le lancement d'une future ligne spécifique chez Peugeot « Sport Engineered ». « On va le faire », affirme Jean-Philippe Imparato, directeur général du constructeur. « Il y a de la demande pour ça, le consommateur en a assez que l'hybridation ou l'électrification soient synonymes d'automobiles ennuyeuses. Ils veulent le retour du plaisir de conduire. Hybridation et plaisir de conduite peuvent cohabiter, et nous allons faire la preuve avec cette ligne que l'hybridation va même donner des véhicules dotés de niveaux de performances spectaculaires, tout en étant peu émetteurs de CO² ».

Là aussi, PSA tient sans doute les clés d'un segment nouveau, d'une vocation nouvelle à ce type de véhicule, de nature à remettre les constructeurs français à l'honneur sur une carte du haut de gamme dominée par les marques allemandes. Le tout avec une marge de progression considérable, tant ils avaient jusque-là peu investi, en s'estimant dominés de fait. Mais la donne peut changer, car il en va aussi du bien fondé d'un outil de production largement adapté pour cela sur le sol français.