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Russie-Corée du Nord : une rencontre au sommet

Poignée de main entre Kim Jong Un et Vladimir Poutine lors du premier sommet entre les deux dirigeants, à Vladivostock en Russie, le 25 avril 2019.

Poignée de main entre Kim Jong Un et Vladimir Poutine lors du premier sommet entre les deux dirigeants, à Vladivostock en Russie, le 25 avril 2019. - Yuri KADOBNOV / AFP

Kim Jong Un et Vladimir Poutine se sont retrouvés pour leur premier sommet ce jeudi à Vladivostock. Objectif : renforcer les « liens historiques » entre Moscou et Pyongyang, en pleine impasse diplomatique avec Washington sur le nucléaire.

C’est avec une longue poignée de main que Vladimir Poutine a accueilli Kim Jong Un et inauguré ce premier sommet. La rencontre, qui avait lieu à Vladivostock, aux confins de la Russie orientale, aura duré cinq heures. Elle avait pour objectif de raviver les liens historiques entre la Corée du nord et la Russie. 

Raviver les liens avec l'ancien « pays frère »

Kim Jong Un a salué « un échange d'opinions très substantiel » après ce premier tête-à-tête avec Vladimir Poutine. De son côté, le président russe s’est déclaré « satisfait des résultats de ces discussions ». Au menu de ces entretiens : la dénucléarisation de la Corée du Nord, des Etats-Unis et des sanctions internationales qui pèsent sur le régime nord-coréen depuis 2017.

En froid avec Donald Trump, après le fiasco de sa deuxième rencontre à Hanoï avec le président américain en février, le dirigeant nord-coréen cherche des soutiens dans son bras de fer avec Washington. Cette rencontre lui permet donc de s'émanciper de la Chine, son plus proche soutien et raviver les relations avec la Russie, l'ancien « pays frère ». C'est Moscou, son ancien allié de la guerre froide qui avait en effet placé au pouvoir son grand-père et fondateur de la République populaire démocratique de Corée, Kim Il Sung.

Poutine place ses pions

Cette rencontre permet aussi à Vladimir Poutine de placer ses pions dans le dossier nucléaire et d'élaborer sa propre feuille de route : Moscou prône un dialogue avec Pyongyang, qui a suspendu depuis l'an dernier ses essais nucléaires et balistiques et demande une levée des sanctions internationales. Le dirigeant nord-coréen, a rapporté Vladimir Poutine, a répété qu’il ne s’oppose pas à une dénucléarisation mais réclame des garanties en matière de sécurité. Le régime de Pyongyang considère en effet son programme nucléaire comme une assurance-vie.

Delphine LIOU avec AFP et Reuters