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Rafale commandés par l'Égypte: Bercy ne veut plus faire crédit

L'Égypte est le premier client à l'export du Rafale, mais elle paie les appareils à crédit. La France, qui avance les frais, n'a plus de fonds pour continuer, s'inquiète Bercy.

Le président égyptien Al-Sissi sera à l'Élysée pour déjeuner ce mardi. Le sujet des Rafale va certainement s'inviter dans la conversation. Avec 36 appareils commandés, l'Égypte est le premier client du chasseur de Dassault à l'export. Seulement ces avions sont payés à crédit, un crédit financé par la France, et Bercy commence à s'en inquiéter.

Entre 2014 et 2016, l'Égypte a acheté à crédit à la France pour près de 7 milliards d'euros de matériel civil et militaire. Or le budget alloué par Bercy à BPIFrance, la Banque Publique d'investissement, sur ce pays est totalement épuisé. Et même si l'Égypte a honoré ses engagements ces dernières années, le ministère des Finances serait frileux à l'idée d'accorder une rallonge.

La prochaine livraison suspendue?

Le ministère des Finances fait ainsi pression pour suspendre une partie des commandes, et attend que l'Élysée tranche, indique La Tribune. La signature d'un contrat pour 12 nouveaux Rafale a ainsi été bloquée, en attendant que l'Élysée tranche.

La situation pourrait toutefois se débloquer avec la seule aide de la conjoncture. L'économie égyptienne devrait être en croissance de 6% cette année, et le pays vient de découvrir au large de ses côtes d'importants gisements de gaz. De quoi convaincre -peut-être- Emmanuel Macron, de desserrer encore un peu les cordons de la bourse.

Mathieu Sevin, édité par N.G.