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Pour l'ex-patron de l'OMC, le plan franco-allemand est "un tournant" dans la construction européenne

L'ancien directeur général de l'OMC et ex-commissaire européen pour le Commerce Pascal Lamy est revenu, dans Good Morning Business, sur le plan de relance franco-allemand présenté par Emmanuel Macron et Angela Merkel.

"L'histoire de la construction européenne montre que c'est dans les moments de crise que, souvent, elle avance le plus vite. Et en voici une nouvelle preuve." Invité dans Good Morning Business, Pascal Lamy se montre optimiste pour l'Union européenne, au lendemain de la présentation surprise d'un vaste plan de relance de 500 milliards d'euros par le couple franco-allemand. "C'est un pas en avant qui ne connait aucun précédent" explique l'ancien directeur général de l'OMC et ex-commissaire européen pour le Commerce.

"Jamais, jusqu'à présent, l'Union européenne n'avait été autorisée à emprunter de tels montants pour faire des subventions" puisque les sommes étaient des prêts plutôt que des subventions, auparavant. "Cette fois-ci, c'est énorme. C'est trois fois le budget annuel de l'Union" poursuit Pascal Lamy. "1.500 milliards d'investissement, ce qui est gigantesque et nécessaire."

"Deux étapes à franchir"

Reste à savoir si le plan franco-allemand pourra se transformer en un plan européen. "Ce qui est majeur, c'est de savoir si, cette fois-ci, l'Union européenne va pouvoir venir en aide aux Européens en utilisant son avantage comparatif qui est sa masse. Pour enfin réagir à cette crise, au bon niveau" insiste Pascal Lamy.

"Il y a maintenant deux étapes à franchir" indique-t-il. "La première c'est l'intégration de cette proposition franco-allemande dans la proposition de la Commission qu'elle va faire à l'attention du Conseil européen et du Parlement européenne le 27 mai. Et il y a de grandes chances que la proposition de la Commission soit du même ordre de grandeur." Surtout, "il faudra que ceci soit accepté par les 27 et le Parlement européen." Et là, ce sera évidemment un peu plus compliqué.

"Après, il faudra déterminer les programmes" et "les critères" de ce plan de relance, prévient Pascal Lamy. "Il y a encore beaucoup de boulot à faire mais cela restera, dans la construction européenne, un de ses tournants".

Thomas Leroy