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Panama papers: la Croix Rouge voit son nom usurpé

Un drapeau de la Croix-Rouge flotte sur le toit de son quartier général, à Genève, en Suisse.

Un drapeau de la Croix-Rouge flotte sur le toit de son quartier général, à Genève, en Suisse. - Fabrice Coffrini - AFP

"Le cabinet Mossack Fonseca s'est servi de deux sociétés en prétextant que leur bénéficiaire était la Croix Rouge, afin de masquer les détenteurs réels de comptes offshore. Choquée, l'ONG va tenter de mettre fin à ces abus."

La Croix Rouge se retrouve victime collatérale des Panama Papers. C'est ce que révèle le journal suisse Le Matin ce dimanche 10 avril. Le cabinet panaméen au cœur de cette vaste affaire, Mossack Fonseca, a formé deux entités, Brotherhood Foundation and Faith Foundation, qui ont été offertes à ses clients pour recueillir leurs avoirs.

La Croix Rouge a été citée comme bénéficiaire de ces deux "fondations", sans en avoir été informée. Les deux structures ont été utilisées par près de 500 sociétés selon Le Matin, qui explique que Mossasck Fonseca n'a légalement pas l'obligation de tenir l'ONG informée, citant l'email d'une employée. "Selon la législation de Panama, les bénéficiaires d’une fondation peuvent être utilisés sans le savoir.Cela signifie que la Croix-Rouge internationale n’a pas conscience de cet arrangement", écrit-elle.

"Les risques sont énormes"

Le Matin explique que les Panama Papers révèlent que ce système a "été utilisé à plusieurs reprises pour cacher des avoirs recherchés par les autorités ou de l'argent soupçonné d'être le produit d'activités criminelles".

Une situation qui, évidemment, affole le président de la Croix Rouge, Peter Maurer "Les risques sont énormes. Si nous nous retrouvons, par exemple, associés à une société offshore, appartenant à une faction en guerre, je n'ose pas imaginer a quoi nous pourrions être mêlés", affirme-t-il au journal suisse. "Nous allons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour mettre fin à cet abus". "Nous n'avons jamais eu de relation avec Mossack Fonseca et n'avons jamais reçu d'argent de leur part", a-t-il ajouté.

"Le nom du CICR (Comité international de la Croix Rouge) a besoin d'une protection particulière, car nous travaillons dans des zones de guerre et (où il y a des) conflits entre plusieurs belligérants. La sécurité de nos employés est en partie assurée parce que notre nom et notre emblème sont respectés", poursuit-il.

J.M. avec AFP