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"On regarde très mal la Chine", juge Jean-Pierre Raffarin

Invité sur BFM Business, l'ancien Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, a souhaité revenir sur la vision selon lui faussée que les milieux d'affaires et économiques ont à l'égard de la Chine.

 "On regarde très mal la Chine", assure Jean-Pierre Raffarin. Invité ce mardi dans Inside sur BFM Business, l'ancien Premier ministre estime que "très peu de Français connaissent la Chine. Et dans le monde, très peu de citoyens connaissent bien la Chine (…) ce qui est très clair, c'est que ce qui arrive aujourd'hui en Chine est grave. Et ça a été pris comme très grave (…) Quand j'entends le patron de la Fed qui dit 'il y a des risques de ralentissement aujourd'hui', 'oui', mais ils sont plus créés par la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine que par le coronavirus", insiste l'ancien Premier ministre.

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"Si la situation reste dans l'état, ça veut dire que c'est une situation à dominante chinoise. Je pense qu'elle pourra être maîtrisée relativement rapidement", poursuit-il.

"Il faut considérer la Chine comme un partenaire très important. Et quand les Américains décident de ralentir la Chine pour leurs propres intérêts, ils nous ralentissent tous", assène Jean-Pierre Raffarin.

La suprématie chinoise en question

A la question: "faut-il parier sur une suprématie chinoise à venir?", l'ancien Premier ministre répond qu'il convient avant tout "d'être prudent avant de parier sur les difficultés des autres (…) Vous savez ce peuple chinois, il en a connu des crises, il en a connu des violences, il en a vu des crimes. Et il a été capable avec courage avec beaucoup d'efforts – en 32 ans – de redevenir la première économie mondiale (...) "Nous n'avons pas forcément beaucoup de leçons à donner".

Quelles relations entre l'Europe et la Chine?

A cela, Jean-Pierre Raffarin répond qu'il importe de "revenir aux principes du Gaullisme. On doit avoir des relations avec tout le monde. Il est clair que la Chine veut être au cœur de l'économie mondiale. Mais quel est le pays qui en a les possibilités qui ne veut pas? Quel est le pays qui dit 'moi je joue dans la cour des petits, moi je veux rester dans les petits'? Ça c'est assez rare et quand on a la puissance de la Chine, on veut jouer les rôles et les intérêts de la Chine", rappelle notamment l'ancien Premier ministre.

J.C-H