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Moscovici: face aux taxes de Trump "nous en avons encore sous la pédale"

Le commissaire européen aux Affaires économiques a assuré sur BFMTV-RMC que l'Union européenne peut encore augmenter ses mesures de rétorsion contre les États-Unis.

Le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a confié sur BFMTV-RMC ce lundi que l'Union européenne est capable d'augmenter ses mesures de rétorsions contre les taxes américaines imposées sur l'acier et l'aluminium par le président Donald Trump. "Nous en gardons sous la pédale", a-t-il assuré.

Les taxes américaines ont un impact de 6 milliards d'euros, la réponse européenne 2,8 milliards. "Ce n'est pas négligeable", s'est défendu le commissaire européen. Ces mesures touchent des produits fabriqués dans des États républicains, pour nuire politiquement au président américain. "On peut prendre d’autres produits", renchérir avec "des mesures équivalente de 6 milliards d'euros" et défendre nos marchés, a-t-il détaillé.

Contrairement à Donald Trump "nous n’agissons pas au détriment du droit", a-t-il poursuivi, rappelant la requête déposée à l'Organe de règlement des différends (ORD) de l'OMC. "Si cette requête est rejetée nous sommes prêts à en faire plus", a indiqué Pierre Moscovici.

Selon lui, l'escalade des mesures et des menaces protectionnistes américaines est "dangereux pour la croissance mondiale". Elle laisse planer "un nuage" sur l'économie alors que la crise est enfin terminée. Pour résoudre ce conflit commercial, "nous avons besoin de retrouver l’esprit du multilatéralisme", a-t-il jugé. Pour mémoire, le G7 s'est donné pour ambition de réformer l'OMC dans son dernier communiqué commun, que Donald Trump avait rejeté.

La taxe sur les géants du numérique adoptée en 2018?

En outre, Pierre Moscovici a donné quelques précisions au sujet du budget de la zone euro promis par Angela Merkel et Emmanuel Macron. Cet nouvel outil, qui "doit permettre la convergence" entre les pays ayant adopté la monnaie unique, devrait être "modeste" avec seulement "une dizaine de milliards d'euros". Mais, il est voué à grossir, selon le commissaire européen.

Pour le financer, Pierre Moscovici avance deux pistes: une taxe sur les transactions financières et une autre sur les géants du numérique. Cette dernière, qui est une proposition du Français, rencontre l'opposition de plusieurs pays de l'UE, notamment le Luxembourg.

"Cette proposition est sur la table et elle progresse", a-t-il affirmé. "Je souhaite qu'elle soit adoptée d'ici la fin de l'année 2018, donc avant les élections européennes, qu'on ait décidé des grands principes. Nous avons un besoin vital d’un telle taxe."

J.-C.C.