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Mistral: Hollande nie tout accord avec Moscou

Les deux navires de guerre Mistral commandés par Moscou, le Sébastopol et le Vladivostok, à Saint-Nazaire, le 20 décembre 2014.

Les deux navires de guerre Mistral commandés par Moscou, le Sébastopol et le Vladivostok, à Saint-Nazaire, le 20 décembre 2014. - Jean-Sébastien Evrard - AFP

François Hollande a contredit ce vendredi un haut responsable russe qui assure que Paris se serait engagée à verser 1,16 milliard d'euros à Moscou en dédommagement de la non livraison de deux Mistral.

"Pour l'instant, il n'y a pas d'accord". C'est en ces termes que le président François Hollande a mis un terme aux rumeurs. Un peu plus tôt ce vendredi, la presse citait un diplomate russe selon lequel un accord final entre Paris et Moscou avait été trouvé sur la somme que la France doit verser à la Russie en dédommagement de la non-livraison des navires Mistral.

"Les négociations sont déjà entièrement achevées, tout a déjà été décidé - et les délais, et la somme", a déclaré dans la soirée le conseiller pour la coopération militaire et technique du président russe, Vladimir Kojine, dans des propos rapportés par RIA Novosti.

"J'espère que nous signerons au plus vite l'accord sur la résiliation du contrat", a ajouté ce haut responsable russe.

Manuel Valls, à la sortie du Conseil des ministres en début d'après-midi, n'a pas voulu confirmer ces informations. "Nous aurons l'occasion de nous exprimer dans quelques jours, dans quelques semaines et des décisions importantes dans ce domaine-là seront prises à la fin de l'été", a-t-il indiqué.

1,16 milliard d'euros à rembourser?

Selon le quotidien russe Kommersant, citant plusieurs sources anonymes, la somme que devrait rembourser Paris à Moscou aurait été fixée à 1,16 milliard d'euros. Selon le quotidien qui cite d'autres sources anonymes, les négociations menées par le vice-Premier ministre russe Dmitri Rogozine et le secrétaire général français pour la défense Louis Gautier ont pris fin la semaine dernière et abouti à "un accord final". Cet accord devrait être signé "pendant les premiers dix jours d'août" par les chefs d'Etat russe et français, a assuré le quotidien.

Le président français François Hollande a déclaré lundi qu'il prendrait "dans les prochaines semaines" sa décision concernant la livraison à la Russie des navires.

La situation bloquée depuis novembre dernier

Le premier des deux navires de guerre, le "Vladivostok", devait être initialement remis à Moscou à la mi-novembre 2014, tandis que le second, le "Sébastopol", devait théoriquement être livré à la Russie à l'automne 2015. Mais Paris avait annoncé fin novembre 2014 le report "jusqu'à nouvel ordre" de la livraison du "Vladivostok", invoquant le rôle de la Russie dans le conflit en Ukraine.

Les deux pays ont ensuite entamé de longues négociations qui portaient notamment sur le montant du dédommagement financier que Moscou exige de recevoir de Paris.

La vente à la Russie de deux Mistral, conclue en juin 2011 sous la présidence de Nicolas Sarkozy, avait été évaluée à environ 1,2 milliard d'euros. Ces deux bâtiments de projection et de commandement sont des navires de guerre polyvalents pouvant transporter des hélicoptères, des chars ou accueillir un état-major embarqué ou un hôpital.

V.R. avec AFP