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Mistral: accord en vue pour dédommager Moscou?

Le Mistral est au coeur d'un bras de fer entre Moscou et Paris

Le Mistral est au coeur d'un bras de fer entre Moscou et Paris - Georges Gobet - AFP

L'Elysée serait "particulièrement optimiste" pour parvenir à un accord à l'amiable, rapporte le JDD ce dimanche 17 mai. De son côté Le Monde indiquait samedi que Paris avait envoyé un émissaire pour faire une offre à Moscou.

Le dossier Mistral va-t-il sortir de l'impasse? L'Elysée serait en tout cas "particulièrement optimiste", selon le Journal du Dimanche de ce 17 mai.

D'après le journal dominical, l'accord franco-russe portant sur l'annulation de la vente des deux navires vendus en 2011 à Moscou pour 1,2 milliard d'euros serait entré de la phase finale de négociation.

Cet accord, s'il est signé, prévoira "des compensations", selon un des négociateurs cités par le JDD. Il s'agirait de dédommager les frais engagés par Moscou, en plus des 785 millions d'euros déboursés par Moscou pour les deux bâtiments et déjà perçus par Paris, précise le journal.

Ces frais comprennent, par exemple, le coût de formation des 400 marins russes à Saint-Nazaire ou encore l'installation de plates-formes de réception des bateaux sur les docks russes. Au total, ces frais pourraient représenter 10 à 50% du montant payé par la Russie pour l'acquisition des navires.

Samedi, Le Monde indiquait que François Hollande avait envoyé un émissaire en la personne de Louis Gautier, secrétaire général pour la défense et la sécurité nationale française, pour proposer une offre que Moscou aurait refusé l'offre en l'état".

Des pertes en vue en cas de revente

Par ailleurs, un point serait "en voie de règlement", toujours selon le JDD: la possibilité de revendre les deux navires à des pays tiers. Le Canada et l'Inde serait notamment intéressés. Mais à ce moment-là, les chantiers navals DCNS seraient obligés de réadapter les bateaux aux exigences des nouveaux clients. De plus une source proche du dossier craint que les deux navires soient vendus à moitié prix aux nouveaux clients.

La Marine française, déjà équipée de trois BPC, n'entend elle pas récupérer les bâtiments. Selon Le Monde, les experts de la Défense française ont même proposé une destruction pure et simple des navires, solution à leurs yeux la plus simple.

Pour rappel, Paris avait suspendu fin 2014 "jusqu'à nouvel ordre" la remise du Vladivostok, le premier de ces deux navires, en raison de l'implication présumée de Moscou dans le conflit en Ukraine.

Le Vladivostok devait initialement être livré à la Russie le 14 novembre. Selon Le Monde, une clause "d'événement majeur" faisait courir un délai de 180 jours avant d'éventuelle pénalités de retard, qui arrivait à échéance ce samedi. "Cette date n'est cependant pas une date butoir et, sur une base amiable, les deux parties sont convenues que les discussions pourraient se prolonger", insiste le quotidien français.

Les deux pays s'attendent à aboutir à un accord avant la fin mai, selon un vice-directeur du service russe de coopération militaire et technique, Anatoli Pintchouk, cité par l'agence RIA Novosti.

Le président Hollande avait admis pour la première fois en avril que la France pourrait être amenée à rembourser les sommes déjà versées par la Russie pour l'acquisition des deux navires s'ils n'étaient pas livrés.

J.M. avec AFP