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"Malta Files", l'enquête sur "les coulisses d'un paradis fiscal"

Malte priverait ses voisins de 2 milliards d'euros de recettes fiscales

Malte priverait ses voisins de 2 milliards d'euros de recettes fiscales - spfoia - Pixabay - CC

Treize journaux ont enquêté sur des schémas d'optimisation et d'évasion fiscale sur cette petite île de de 430.000 habitants qui, selon ces médias,"priverait ses voisins de 2 milliards d'euros de recettes fiscales par an".

Après les LuxLeaks et les Panama Papers voici les Malta Files. Treize journaux regroupés au sein du réseau de médias European Investigative Collaborations (EIC) publient à partir de ce vendredi et pendant deux semaines le résultat d'un travail basé sur plus de 150.000 documents confidentiels révélant les "coulisses de ce paradis fiscal méconnu", annonce Mediapart.

Le site affirme que la petite île de 430.000 habitants "prive les autres pays de 2 milliards d'euros de recettes fiscales par an".

Le gouvernement maltais a réagi dans la foulée à la publication de ces articles, un porte-parole du ministère des Finances indiquant à l'AFP que l'exécutif rejetait l'appellation de "paradis fiscal".

Des yachts de grands patrons français

Selon Mediapart, l'enquête porte sur de "l'optimisation et de l'évasion fiscales, du blanchiment et de la corruption", et se base sur "la liste complète des personnes et entités impliquées dans les 53.247 sociétés immatriculées à Malte".

Parmi ces sociétés immatriculées dans l'île, figurent "de grands chefs d'entreprise", des multinationales telles que les groupes "Bouygues, Total, BASF, Ikea", des banques comme "Reyl et JP Morgan", affirme Mediapart.

Selon le site, de grands patrons français auraient acquis des yachts et les auraient immatriculés à Malte afin de bénéficier d'une "fiscalité attractive", et de "charges sociales très basses qui réduisent le coût de l'équipage".

Il cite Jean-François Decaux (JC Decaux), Maurice Ricci (Akka Technologies), Xavier Niel (Iliad-Free), Hubert Martigny (cofondateur d'Altran), Olivier Bertrand (groupe Bertrand) ou Stéphane Courbit (Lov Group)- dont "aucun n'a souhaité répondre" à ses questions, dit-il.

Les 18 filiales de Lufthansa

Outre Mediapart, l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, et les journaux portugais Expresso, espagnol El Mundo (Espagne), italien L'Espresso, belge Le Soir, danois Politiken, maltais Malta Today et le média en ligne roumain The Black Sea, notamment, figurent parmi ces médias.

Selon le Spiegel, plusieurs groupes allemands détiendraient des sociétés immatriculées à Malte, comme BMW, BASF, Deutsche Bank, Puma, Merck, Bosch ou Rheinmetall. Le géant de l'aérien Lufthansa possède "18 filiales à Malte", selon l'hebdomadaire allemand, qui écrit que l'entreprise y a installé sa "caisse de retraite".

Contactés par Der Spiegel, les entreprises concernées ont assuré que leur présence à Malte était "légale" et déclarée au fisc maltais.

L'Italie, pays le plus représenté

Par ailleurs, le ministre des Finances de l'État régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Norbert Walter-Borjans, avait déclaré le 10 mai que son administration enquêtait sur quelque 2.000 sociétés fantômes enregistrées dans l'île, parfois liées à de grands groupes allemands et suspectées de fraude, après avoir reçu des informations anonymes en ce sens.

Selon L'Espresso, l'Italie est "de très loin" le pays le plus représenté dans les "Malta Files", avec près de 8.000 sociétés maltaises contrôlées par des actionnaires italiens.

L'enquête a mobilisé 49 journalistes basés dans 16 pays pendant quatre mois, dont les "révélations" paraîtront sur "deux semaines".

J.M. avec AFP