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Les Japonaises enceintes victimes de harcèlement au bureau

Les femmes actives attendant un enfant sont très mal perçues au Japon et subissent les brimades de leurs collègues. Un phénomène appelé Mata-Hara. Le gouvernement a lancé une campagne pour lutter contre ce type de harcèlement.

Selon le tout dernier recensement, le Japon a perdu 1 million d'habitants en cinq ans. En cause, le vieillissement de la population combiné au fait que les femmes font de moins en moins d'enfants. Le gouvernement nippon s'en inquiète. Mais changer les habitudes n'est pas une mince affaire. La grossesse est mal perçue dans les entreprises japonaises.

A tel point qu'une salariée qui n'aurait pas démissionné après son mariage se doit, au moins de le faire après sa première grossesse. Plus de la moitié des femmes se plie à cette règle non dite. Pour décrire la pression qui s'exerce sur les mères de famille dans l'entreprise, les Japonais ont même inventé un mot qui sonne nippon mais qui vient de l'anglais Mata-Hara (Maternity Harassment ou harcèlement lié à la maternité).

Une campagne de lutte

Selon une étude du ministère du Travail, plus de 20% salariées disent avoir été maltraitées dans leur entreprise lorsqu'elles étaient enceintes. Des brimades et des comportements inappropriés de la part de collègues, des hommes majoritairement, mais aussi quelques femmes.

Cette forme de harcèlement serait à l'origine d'arrêts de travail anticipés et même d'avortements ou de naissances prématurées. Après la naissance aussi, les femmes dénoncent l'attitude de leurs collègues, évoquant des jalousies lorsque l'employeur autorise des horaires aménagés ou des absences pour enfant malade.

Les autorités japonaises et des ONG ont lancé une campagne pour lutter contre le phénomène. Des lignes téléphoniques d'écoute ont été ouvertes. Mais il n'est pas sûr que cela suffise pour enrayer ce phénomène qui n'est en rien nouveau.

Isabelle Gollentz, édité par J.M.