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Les incroyables salaires suisses

Les inégalités salariales se sont réduites en Suisse

Les inégalités salariales se sont réduites en Suisse - Cristo Vlahos - Flickr - CC

1 Suisse sur 2 gagne plus de 5.600 euros bruts par mois, selon l'Office des statistiques suisses. Mais en fait les plus grands gagnants de la généreuse politique salariale des entreprises helvétiques sont surtout… les cadres étrangers.

La Suisse est connue pour être un pays où les rémunérations sont parmi les plus fortes au monde. Et les chiffres publiés par l'Office fédéral des statistiques suisses (OFS) la semaine dernière ne font que le prouver un peu plus.

En 2014, le salaire mensuel brut médian atteignait ainsi 6.189 francs suisses soit environ 5.693 euros. Ce qui signifie que près de 1 Suisse sur 2 gagne plus de 5.700 euros bruts par mois! C'est tout simplement le double de la France (2.830 euros selon l'Insee). Les entreprises suisses n'ont pourtant pas été particulièrement généreuses ces dernières année. Le salaire média a même faiblement augmenté depuis 2012 (+1,2%).

Des écarts de salaires qui se réduisent

Les esprits critiques pourraient avancer que le salaire médian peut, par définition, cacher de fortes disparités. Ce n'est pas forcément vrai quand on regarde plus en détail la distribution des salaires. Ainsi 90% des Suisses gagnent tout de même plus de 4.178 francs bruts par mois (soit 3.800 euros). À l'inverse, seulement 10% de nos voisins helvètes ont des rémunérations brutes supérieures à 10.935 francs suisses (soit 10.000 euros).

L'OFS note d'ailleurs que les écarts de salaires se sont réduits. Le rapport entre les rémunérations les plus basses et les plus élevés passe ainsi de 2,8 en 2012 à 2,6 en 2014. En France ce rapport est un petit peu plus haut, à 2,9. De plus, l'institut helvétique des statistiques note que le pourcentage de Suisses ayant "des bas salaires" (c'est-à-dire deux-tiers du salaire médian brut soit 4.126 francs suisses) est passé de 10% en 2012 à 8,9% en 2014. Les femmes occupent les deux-tiers de ces postes.

La pharmacie et la banque superstars

Dans le détail, c'est dans l'industrie bancaire (salaire médian de 9.792 francs suisses ou 9.000 euros) et pharmaceutique (9.694 francs suisses ou 8.900 euros) que les Suisses gagnent le mieux leur vie. Par opposition à la restauration (4.309 francs suisses ou 3.953 euros) ou les services aux personnes (3.910 francs suisses ou 3.587 euros).

Ce sont là encore dans la pharmacie et la banque que l'on trouve les rémunérations les plus élevées pour les "top Manager", c’est-à-dire les cadres dont les émoluments se situent dans les 1% les plus élevées dans leur secteur. Comptez 41.390 francs suisses par mois (38.000 euros) pour un haut dirigeant dans la banque et 42.880 francs suisses (39.340 euros) dans la pharmacie.

Des niveaux de rémunération qui peuvent paraître énormes. Sauf que depuis la crise de 2008, ces hauts salaires (qui incluent une part importante de rémunération variable) ont connu un sacré repli (-30% pour la banque, -24% pour la pharmacie).

Un coût de la vie bien plus élevé

Fait intéressant: les cadres étrangers gagnent plus que les cadres suisses, ce qui confirme que le pays a tendance à attirer les talents étrangers. Un cadre helvétique a ainsi un salaire médian de 9.732 francs suisses (8.920 euros) contre 11.217 euros (10.290 euros) pour son collègues étranger. Néanmoins la rémunération du cadre étranger varie selon son titre de séjour: 10.293 francs suisses (9.443 euros), s'il est frontalier, 10.810 francs suisses (9.917 euros) s'il a un permis de séjour de courte durée (permis L, soit moins d'un an) et 12.670 francs suisses (11.600 euros) s'il a un titre de séjour long.

Face à ces rémunérations impressionnantes, il convient évidemment de rappeler que le coût de la vie en Suisse est bien plus élevé que dans les autres pays européens. Et qu'en plus il existe des disparités au sein même de cette confédération.

Comme l'explique le ministère français des Affaires étrangères, si le niveau des prix (loyer inclus) atteint un indice 100 à Zürich, il est de 94,4 à Genève, de 75,6 à Paris et de 67,1 à Lyon. On peut donc raisonnablement déduire que le coût de la vie en Suisse est supérieur à celui de la France d'environ 25%.

J.M.