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Les Etats-Unis prêts à déclarer une cyberguerre économique à la Chine

Barack Obama recevra dans quelques jours le président chinois Xi Jiping. Le président américain mettra-t-il ses menaces économiques à exécutions?

Barack Obama recevra dans quelques jours le président chinois Xi Jiping. Le président américain mettra-t-il ses menaces économiques à exécutions? - Miguel Ngan - AFP

Pour Washington, les cyberattaques dont ont été victimes ces dernières semaines des intérêts américains ont été menées par des Chinois et des Russes. A quelques jours de la visite de Xi Jinping, le gouvernement évoque de lourdes sanctions économiques.

"Ca suffit !" C’est en deux mots la réplique des Américains aux Chinois à la série de cyberattaques qui ont visées leurs administrations ces derniers mois. Les dernières en date remontent à quelques semaines seulement. Début août, les données du personnel de la Maison Blanche ont été volées. Quelques jours plus tard, le secrétaire d’Etat John Kerry révélait que ses courriels étaient surveillés par des puissances étrangères. Et, à chaque fois, la Chine et la Russie sont les principaux suspects.

Selon le Washington Post, le gouvernement américain va réagir avec fermeté. Il envisagerait de sanctionner les intérêts chinois en visant des personnes morales et physiques chinoises soupçonnées d'être liées aux attaques, a indiqué lundi un responsable américain sous couvert d’anonymat.

Ces projets, dévoilés par des sources proches de l’administration Obama, n’ont toutefois pas été confirmés officiellement. La Russie n’a pas été mentionné, mais, selon le journal américain, elle serait également dans la ligne de mire.

Viser les entreprises chinoises installées aux Etats-Unis

Le Washington Post liste les ripostes possibles sur lesquelles travaillent les autorités américaines selon des sources gouvernementales. Pas question de de rechercher les pirates pour les condamner, mais il s'agit de sanctionner les intérêts chinois aux Etats-Unis. Selon les confidences d’un proche de la Maison Blanche, la principale mesure serait de couper l’utilisation du système financier américain ce qui, pour le Washington Post, serait une "condamnation à mort" pour de nombreuses sociétés chinoises même si elles ne sont impliquées en rien dans les cyberattaques. Les fonctionnaires ont refusé de nommer des cibles potentielles, craignant que cela leur permettent de dissimuler leurs avoirs.

Ces menaces, qui n’ont pour le moment rien d’officielles, préparent le terrain pour la visite dans quelques jours de Xi Jinping, président chinois, à Barack Obama. De leur côté, les Chinois tentent de calmer les choses. Dans un communiqué, le porte-parole de l'ambassade de Chine Zhu Haiquan, nie toute implication de son pays dans les cyberattaques et tend la main en appelant à une meilleure collaboration avec les Américains en matière de cyber sécurité. Le responsable a répondu aux accusations, les qualifiant de "spéculations sans fondement".

Il y a quelques jours, John Kerry évoquait devant la presse une issue moins fatale. Il s'agirait de créer un "code de bonne conduite" en matière de cyberespionnage. Pour le moment, les responsables de la NSA n’ont pas réagi à cette proposition. La Russie, où se trouve toujours Edward Snowden depuis ses révélations sur le système de surveillance américain, non plus.

Pascal Samama