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Les entreprises lèvent des montagnes de dettes pour faire face à la crise

Les entreprises européennes ont obtenu près de 40 milliards d'euros sur le marché obligataire la semaine dernière.

Les entreprises européennes ont obtenu près de 40 milliards d'euros sur le marché obligataire la semaine dernière. - Pixabay

La semaine dernière, les entreprises européennes ont émis 40 milliards d'euros d'obligations pour sécuriser leur financement et leur trésorerie. Un volume habituellement observé sur toute la durée du mois de mars.

On s'attendait à ce que le volume d'émissions de dette des entreprises diminue en 2020 après l'avalanche constatée l'an passé… Le coronavirus en a décidé autrement.

Les entreprises européennes ont obtenu près de 40 milliards d'euros sur le marché obligataire la semaine dernière, comme le souligne le journal Les Echos. Orange, LVMH ou encore Pernod Ricard ont respectivement levé 1,5 milliard d'euros d'obligations la semaine dernière. Le mastodonte de la bière belgo-brésilien, AB-InBev, en a, pour sa part, levées pour 4,5 milliards d'euros. Autre exemple: lundi, c'est PSA qui a annoncé avoir souscrit un emprunt de 3 milliards d'euros auprès de plusieurs banques pour renforcer sa sécurité financière dans le contexte d'épidémie de coronavirus.

Une véritable frénésie, alors que les entreprises cherchent à se prémunir face à la crise économique. Concrètement, les émetteurs cherchent à récupérer des liquidités afin de passer sans encombres les mois difficiles qui s'annoncent avec les mesures de confinement. Autrement dit, il s'agit de disposer de suffisamment de trésorerie pour laisser passer l'orage.

Plan massif de la BCE

En face, malgré le coronavirus et les risques de récession, la demande des investisseurs ne faiblit pas. Les obligations restent des valeurs refuges lorsque les marchés actions dévissent. D'autant que le plan de soutien massif de la Banque centrale européenne (BCE), qui prévoit des rachats de dettes publiques et privées pour 750 milliards d'euros, devrait soutenir le prix des obligations corporate à l'avenir.

Pour autant, l'investissement n'est pas sans risque. L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) redoute ainsi que cette augmentation rapide de la dette obligataire des entreprises ne s'accompagne d'une dégradation de la qualité de crédit des emprunteurs, c'est-à-dire qu'ils aient de plus en plus de mal à rembourser leurs dettes.

110 milliards d'obligations aux Etats-Unis

Outre-Atlantique, la tendance est similaire et également soutenu par la Réserve fédérale. La semaine dernière, ce sont plus de 110 milliards de dollars d'obligations qui ont été levés. Un chiffre qui s'explique notamment par des énormes deals, comme les 20 milliards de dollars levés par Oracle ou les 19 milliards de dollars obtenus par T-Mobile pour financer le rachat de son concurrent Sprint. En outre, contrairement aux entreprises européennes, leurs homologues américaines les moins bien notées peuvent plus facilement émettre des obligations. 

Julie Cohen-Heurton