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Les créations d'emplois aux Etats-Unis dépassent toutes les attentes en novembre

Toujours très attendus, les chiffres concernant l'emploi américain ont déjoué tous les pronostics des prévisionnistes pour le mois de novembre.

Le marché du travail américain continue d'afficher une santé de fer. Le mois dernier, les Etats-Unis ont créé 266.000 nouveaux emplois, selon le rapport du ministère du Travail publié ce vendredi. Un chiffre qui se révèle bien supérieur aux attentes des économistes qui, eux, tablaient sur 182.000 créations d'emplois non-agricoles.

Pour ce qui est du taux de chômage, celui-ci est tombé à 3,5% (-0,1 point) au mois de novembre comparé au mois précédent. Ce dernier revient ainsi à son niveau de septembre dernier, un plus bas depuis 50 ans. Du côté du taux de participation (part des travailleurs parmi la population en âge de travailler), celui-ci a légèrement baissé en novembre (-0,1 point à 63,2%).

Entre septembre et octobre, le ministère américain a, par ailleurs, indiqué avoir revu à la hausse (+41.000) le nombre de créations d'emplois. En moyenne depuis le début de l'année, l'économie américaine a ainsi créé 180.000 emplois chaque mois contre 223.000 créations mensuelles en 2018. Soit autant de résultats qui pourraient jouer un rôle non négligeable dans la campagne électorale du chef de l'Etat américain.

Des données qui confortent Donald Trump

De fait, au-delà d'écarter d'autant plus les inquiétudes d'une récession - même si la croissance a ralenti depuis le début de l'année - ces chiffres ont surtout de quoi conforter Donald Trump à moins d'un an des prochaines élections présidentielles.

Jusqu'à présent, l'économie a constitué la carte maîtresse du président républicain qui fait actuellement l'objet d'une procédure de destitution pour avoir demandé à l'Ukraine d'enquêter sur le démocrate Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors du scrutin de 2020.

Grève dans les usines GM

En outre, si les économistes ne s'attendaient pas forcément à une remontée des chiffres de l'emploi américain d'une telle ampleur, c'est aussi parce que leurs pronostics ont été réalisés au regard des 40 jours de grève qu'a connu le constructeur automobile de Detroit, General Motors. Une grève qui s'est inscrite comme la plus longue depuis les années 70 et qui a été, en partie, responsable de la hausse du taux de sans-emplois en octobre.

En novembre, "l'emploi manufacturier s'est accru à mesure que les travailleurs du secteur automobile sont revenus" sur le marché du travail, constate ainsi le ministère. Ce secteur a ainsi créé 54.000 emplois en novembre, compensant la baisse de 43.000 enregistrée le mois précédent, a-t-il précisé.

La santé, les loisirs et les services techniques en bonne forme

Parmi les secteurs qui ont fortement embauché en novembre, ceux de la santé, des loisirs, ainsi que des services techniques et professionnels ont, respectivement, enregistré un gain de 45.000 emplois (pour la santé et les loisirs) et de 31.000 pour les services.

L'évolution du salaire horaire moyen se révèle, en revanche, inférieure aux attentes. Ce dernier n'a en effet augmenté que de 0,2% quand les analystes tablaient sur une hausse de 0,3%, restant donc au même niveau que le mois dernier. Sur douze mois, le salaire horaire moyen s'inscrit néanmoins en hausse de 3,1%, soit au-dessus de l'inflation qui s'est établie à 1,8% sur un an, ajoute le ministère du Travail.

Ces chiffres solides de l'emploi montrent que, malgré le net coup de frein du secteur manufacturier depuis le début de l'année, l'activité de la première économie mondiale résiste mieux que ne l'anticipent nombre d'économistes.

La croissance du PIB ralentit

La croissance du Produit intérieur brut (PIB) au troisième trimestre a d'ailleurs été révisée en hausse fin novembre, largement alimentée par la consommation des ménages qui représente 70% de l'économie américaine. Pour autant, à 2,1% en rythme annualisé, elle s'affiche loin des promesses de l'hôte de la Maison Blanche de faire caracoler la croissance à plus de 3%.

Le président de la Banque centrale américaine, Jerome Powell, ne voit pas pour le moment de retournement de conjoncture. Mi-novembre, il avait indiqué s'attendre à une "croissance durable" de l'économie du pays, un "emploi fort" et une inflation proche de 2%, même si le ralentissement mondial et les incertitudes liées à la guerre commerciale présentent un "risque persistant".

Les chiffres de l'emploi devraient, enfin, conduire le comité monétaire de l'institution à laisser les taux inchangés lors de leur prochaine réunion la semaine prochaine.

JCH