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Le Panama digère mal sa réinscription sur la liste des paradis fiscaux

Le Panama a pour le moment exclu des mesures de rétorsion face à la France

Le Panama a pour le moment exclu des mesures de rétorsion face à la France - Rodrigo Arangua - AFP

"Juan Carlos Varela, le président du pays, a critiqué la décision de la France de remettre le Panama sur sa liste des paradis fiscaux; choix qu'il juge "erroné". Il a toutefois exclu toute mesure de rétorsion contre Paris."

Sans trop de surprise, le chef de l'État du Panama n'apprécie guère de voir la France remettre son pays sur la liste des paradis fiscaux à la suite des révélations des Panama Papers.

"Je veux qu'il soit bien clair que la décision prise par le gouvernement français est une mesure erronée et non nécessaire, encore plus à un moment où existe une communication entre les deux chefs d'État et où le monde demande la coopération multilatérale de tous les pays pour affronter des problèmes mondiaux", a ainsi affirmé le président Juan Carlos Varela, vendredi, devant des journalistes.

Manque de bonne volonté

"Le Panama réaffirme son engagement à la transparence et, surtout, à continuer à lutter avec tous les pays pour arriver, par la coopération et la diplomatie, aux résultats recherchés", a ajouté le chef de l'État panaméen. Vendredi, Paris avait argué que le Panama ne transmettait toujours pas les renseignements nécessaires à l'application de la législation. Ce qui avait motivé le choix du gouvernement français.

La France avait retiré le Panama de sa liste de territoires non-coopératifs le 1er janvier 2012, après la signature d'une convention avec les autorités panaméennes sur la lutte contre l'évasion fiscale.

La décision du gouvernement français de réinscrire le Panama parmi les paradis fiscaux doit prendre effet en janvier 2017.

L'enquête des "Panama Papers", réalisée par un consortium de journalistes internationaux sur la base de fichiers du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca, a mis au jour un vaste scandale de fraude et d'exil fiscal transitant par des sociétés panaméennes et impliquant de hauts responsables politiques, des sportifs ou des milliardaires.

Pas de mesure de rétorsion

Le président Varela a exclu pour le moment l'adoption par le Panama de mesures de rétorsion contre la France à la suite de sa décision de vendredi. Le dialogue, a-t-il dit, "est le premier mécanisme que l'on doit utiliser et dont on doit épuiser tous les ressorts".

Juan Carlos Varela a assuré que le Panama "va procéder" à l'échange d'informations prévu avec la trentaine de pays avec lesquels il a des traités pour éviter la double imposition. Mais il a averti qu'il ne permettrait pas que son gouvernement traite ces questions bilatérales "sous une quelconque forme de pression".

Le président a annoncé la visite mardi prochain à Paris du ministre panaméen de l'Economie et des Finances, Dulcidio de la Guardia, qui doit présenter une position panaméenne "digne, respectueuse et ouverte au dialogue" et assurer que "le chemin que le Panama a choisi, celui de la lutte pour la transparence dans le pays, la région et dans le monde, est un chemin irréversible".

J.M. avec AFP