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Le mondial de football va-t-il suffire à redresser l’économie brésilienne?

Des milliers de manifestants ont déferlé dans les rues des grandes villes brésiliennes, dans la soirée de lundi.

Des milliers de manifestants ont déferlé dans les rues des grandes villes brésiliennes, dans la soirée de lundi. - -

Des milliers de Brésiliens ont manifesté lundi 17 juin contre le coût de la vie, trop cher. A un an de la Coupe du Monde de football, l’économie du Brésil s’essouffle.

Des manifestations au Brésil, sans précèdent depuis deux décennies, ont eu lieu lundi 17 juin. Dans plusieurs grandes villes du pays, des dizaines de milliers de personnes ont protesté contre le renchérissement du coût de la vie.

De nouveaux appels à manifester circulent sur les réseaux sociaux. C'est l'une des principales puissances émergentes qui voit son essor en danger.

Par rapport au Venezuela ou à l'Argentine, les rassemblements de masse, ce n'est pas trop dans la culture politique et sociale du Brésil. Dans la nuit lundi à mardi, pourtant, des manifestants ont pu pénétrer jusque dans les locaux du Parlement.

Des jeunes, mais aussi toutes les classes moyennes

La présidente brésilienne, Dilma Rousseff, essaie de ne pas dramatiser, puisque, dit-elle, "c'est le propre de la jeunesse de manifester". Dans les images des rues de São Paulo, on aperçoit certes beaucoup d'étudiants. Mais aussi des actifs âgés de 30, 40, 50 ans, et même des familles. Du coup, certains accusent Dilma Rousseff de ne pas accorder à ce mécontentement sa juste portée.

Le modèle national a plus de mal à remplir son objectif: élever le niveau de vie, celui des classes paysannes et ouvrières, comme celui des nouvelles classes moyennes. Or la hausse des prix, 6,5% en avril sur un an, mange ce qu'il reste de progression de l'activité.

Cinq milliards de dollars étrangers ont quitté la Bourse

La croissance vient de passer sous le seuil des 2% en glissement annuel. La demande intérieure s'est essoufflée, même si le marché de l'emploi s'avère encore plutôt solide.

A présent, c'est la stratégie des excédents commerciaux fondée sur le soja, le bœuf, les produits miniers, qui s’épuise à son tour. Même la politique des grands travaux du mondial de football de 2014 est de plus en plus perçue comme une source éhontée de gabegies. 

Enfin, dernier écueil en date, les capitaux étrangers. Au cours de la première moitié du mois, plus de cinq milliards de dollars ont été sortis de la Bourse de Rio de Janeiro. Il n'y a vraiment pas que la jeunesse brésilienne qui doute. 

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Benaouda Abdeddaïm