BFM Business

Le Mali s'offre un avion présidentiel, le FMI furieux

Christien Lagarde s'est personnellement engagée dans le dossier malien.

Christien Lagarde s'est personnellement engagée dans le dossier malien. - -

Le Fonds monétaire international a vivement critiqué, lundi 19 mai, l'achat d'un nouvel avion présidentiel pour 40 millions de dollars.

Le timing semblait mal choisi pour se permettre un achat de cette envergure. Celui du nouvel avion présidentiel du Mali, d'une valeur de 40 millions de dollars (29,5 millions d'euros), a provoqué la colère du Fonds monétaire international (FMI), ce lundi 19 mai. Le tout alors que le pays reste sous perfusion de la communauté internationale.

Cette transaction, qui fait également des vagues à Bamako, témoigne de "faiblesses" dans la gestion des finances publiques du pays, a indiqué un porte-parole, affirmant que le prochain prêt du FMI au pays serait en conséquence "retardé". Il n'a par ailleurs pas exclu que cet achat ait été, en partie, financé par des précédents prêts du Fonds.

Contactée par l'AFP, la Banque mondiale a, elle, indiqué suivre la situation "avec inquiétude".
Selon une source proche du dossier, l'achat du jet présidentiel n'a en outre pas fait l'objet d'un appel d'offres en bonne et due forme.

Christine Lagarde personnellement engagée dans le dossier malien

La colère du FMI est à la mesure de son investissement dans le pays, qui peine encore à reprendre le contrôle de la partie nord, plus d'un an après le début de l'intervention militaire menée par la France.

Pour combler les besoins de financement urgents du pays, le FMI a d'abord débloqué deux prêts d'urgence en 2013 d'un total de quelque 33 millions de dollars. Il a notamment salué le retour d'une certaine stabilité politique avec l'élection en août d'Ibrahim Boubacar Keïta à la tête de l'Etat.
Après le feu vert du Fonds, la communauté internationale dans son ensemble a promis 3,25 milliards de dollars d'aide aux autorités maliennes.

La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, s'était ensuite personnellement engagée dans ce dossier en se rendant à Bamako en janvier où elle avait confié avoir "beaucoup d'espoir" pour le pays, qui a renoué avec la croissance après une récession de 1,2% en 2012.

L'affaire de l'avion présidentiel risque toutefois de ternir le tableau. D'autant que le FMI a également fait part à l'AFP de ses préoccupations concernant la garantie apportée par l'Etat malien à un prêt de 200 millions de dollars à une société privée en lien avec l'armée.

En 2012, le Mali était classé 182e sur 187 sur l'indice de développement humain établi par les organisations internationales et près de la moitié de sa population vit sous le seuil de pauvreté.

Y. D .avec AFP