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Le Japon va-t-il légaliser les casinos?

Le Japon pourrait devenir le deuxième marché asiatique des jeux d'argent après Macao.

Le Japon pourrait devenir le deuxième marché asiatique des jeux d'argent après Macao. - -

C'est la nouvelle marotte du Premier ministre Shinzo Abe pour relancer la croissance dans l'archipel. Une loi pour légaliser les casinos va commencer à être débattue au Parlement nippon ce mercredi 18 juin.

Shinzo Abe, roi des casinos? Le Premier ministre nippon essaie en tout cas de faire passer une loi pour légaliser l'installation de casinos sur le territoire. Le texte prévoit de faire profiter le Japon de la manne financière délivrée par la fièvre du jeu après 2020. Les débats parlementaires ont commencé ce mercredi 18 juin dans l'Archipel.

Les jeux d'argent y sont officiellement interdits, même si dans la pratique, le "pachinko", une sorte de machine à sous locale, fait fureur. Selon le CLSA, l'une des principales sociétés asiatiques de courtage, ce secteur a récolté entre 19 et 28 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2012.

Le chef du gouvernement japonais estime qu'une libéralisation du marché permettrait de multiplier ces revenus par deux. Elle favoriserait la croissance et le tourisme, selon ses partisans. Pour les investisseurs, à l'instar de Benjamin Rameau, vendeur action japonaise chez BNP Paribas à Tokyo, "le marché japonais pourrait devenir très important, peut-être le deuxième en Asie après Macao".

Les bouddhistes opposés aux casinos

Preuve de l'enthousiasme des bourses, "des titres comme Japan Cash Machine, qui détient une des plus grosses parts mondiales du marché des compteurs de billets, et qui travaille déjà à Las Vegas, sont à la hausse. Tout comme une compagnie de jeu-vidéo, Konami, qui est un leader des machines à sous aux Etats-Unis", ajoute-t-il.

Pour autant, la libéralisation du jeu est toujours "loin d'être garantie", nuance ce spécialiste. Le Nouveau Kōmeitō, un parti bouddhiste membre de la coalition au pouvoir, est très divisé sur le sujet. La loi pourrait donc ne pas être votée lors de cette session parlementaire, qui s'achève le 22 juin. Elle serait alors reportée à la prochaine, qui s'ouvrira à l'automne.

Nina Godart