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Le Premier ministre japonais "veut faire exploser le dynamisme du secteur privé"

Shinzo Abe, lors de son discours, ce mercredi 5 juin

Shinzo Abe, lors de son discours, ce mercredi 5 juin - -

Shinzo Abe a dévoilé le troisième axe de son programme de redressement économique du Japon, ce mercredi 5 juin, consacré aux réformes structurelles, et misant sur la dérégulation. Ce qui n'a pas empêché la Bourse de chuter lourdement.

Shinzo Abe a dévoilé les grandes lignes de sa fameuse "troisième flèche", dernier volet d'une trilogie qui doit permettre au Japon de sortir de la stagnation et connaître son envol économique, ce mercredi 5 juin.

Ainsi, après la politique monétaire et fiscale, le nouveau Premier ministre japonais est passé aux réformes structurelles, qui visent à sortir l'économie nippone de sa torpeur.

Le dirigeant japonais n'y est pas allé de main morte: il compte ainsi "faire exploser le dynamisme du secteur privé. Il est temps pour le Japon d'être le moteur de la reprise internationale", a-t-lancé lors d'une conférence devant un parterre d'hommes d'affaires. Et de préciser que "la vitalité du secteur privé est le moteur des 'Abenomics'", le surnom des mesures économiques de son début de mandat

Aussi fortes soient ces déclarations, elles n'ont guère convaincu les investisseurs. A la clôture la Bourse de Tokyo a connu une nouvelle déconvenue avec une chute de plus de 3,83%.

L'Etat doit faciliter la tâche du secteur privé

Quant aux moyens donnés pour permettre ce rebond, Shinzo Abe a précisé que le rôle de l'Etat est, selon lui, de faciliter la tâche du secteur privé, en réformant et en dérégulant afin de lever des obstacles à l'investissement et au développement.

Le but est, in fine, de permettre au Japon d'être plus attractif alors que bon nombre de marché reste excessivement réglementés, comme la pharmacie ou l'agriculture.

"Nous ambitionnons non pas de faire jeu égal avec les autres, mais d'être au top, de créer le meilleur environnement pour les affaires des sociétés", a martelé Shinzo Abe.

Des sujets communs avec François Hollande, jeudi

Libéraliser la vente d'électricité, tripler en dix ans le montant des partenariats publics-privés, élever les investissements directs au Japon, doper le revenu par habitant de 30% en 10 ans, hisser dix établissements nippons dans le classement des 100 meilleures universités mondiales ou encore autoriser la vente de médicaments par internet sont quelques-uns des objectifs et axe que se fixe Shinzo Abe dans le cadre de cette "troisième flèche".

Le Premier ministre japonais a donc fixé le cadre du redressement de pays, à un jour de sa rencontre avec François Hollande, qui aura lieu jeudi. Les deux hommes auront l'occasion d'échanger sur plusieurs sujets car, comme Shinzo Abe, François Hollande doit mener bon nombre de réformes structurelles.

Bruxelles comme le FMI lui recommandent de libéraliser davantage plusieurs marchés. De là à prendre exemple sur son homologue japonais, il y a encore un pas à franchir…

Julien Marion avec AFP