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Le combat d'une mère de famille contre le "racisme" de Playmobil

La figurine en question

La figurine en question - Capture d'écran CBS

Ida Lockett, une maman californienne a accusé le groupe de jouets allemand de "racisme" après avoir découvert un pirate noir portant un collier d'esclave. Playmobil se défend en jouant la carte de l'histoire.

Playmobil fait actuellement les frais de sa vision de l'Histoire. Une mère de famille californienne a ainsi accusé le groupe allemand de jouets de "racisme", comme le rapporte le Guardian.

Reprenons au départ. Ida Lockett, une Afro-américaine vivant à Sacramento, veut aider son fils de cinq ans à construire un bateau pirate que sa tante vient de lui offrir. Stupeur: en lisant le manuel d'instruction, elle découvre que parmi les membres de l'équipage, il y a une figurine représentant un jeune homme noir et que le manuel indique aux enfants (et à leur parents) de mettre autour du cou de ce personnage ce que la maman pense (à juste titre) être un collier d'esclave.

"C'est totalement raciste. C'est une pièce raciste, c'est un jouet raciste", affirme alors Ida Lockett à CBS TV, une chaîne de télévision californienne. La mère de famille fait également part de son indignation sur Facebook en postant des photos et en interpellant Playmobil sur la page du groupe, selon des captures d'écran publiées par The Guardian

"Nous sommes au XXIe siècle"

Aimee Norman, la tante qui a offert le bateau au petit garçon, monte elle aussi au créneau. Sur la page Facebook de Playmobil, elle se dit "mortifiée" et interpelle l'entreprise. "Info de dernière minute, Playmobil: nous sommes aux XXI siècle. Les descendants du peuple africain ont contribué à l'humanité de nombreuses façons autres que par cette institution dégoûtante qu'est le commerce d'esclaves. Vendre à des enfants des jouets qui mettent en scène l'esclavage est obscène. Et encore plus étant donné l'absence de diversité de votre ligne de jouets".

Playmobil réagira via une déclaration au Washington Post, en jouant la carte de l'histoire. Le groupe explique ainsi que le bateau s'inscrit dans l'histoire de la piraterie au 17e siècle. "Si vous regardez la boîte, vous pouvez voir que le personnage fait clairement partie de l'équipage et n'est en rien captif", explique la société. Ainsi la figurine "est censée représenter un pirate qui était autrefois un esclave dans un contexte historique. Nous n'avions nullement l'intention de choquer qui que ce soit", poursuit le groupe.

De leur côté, les associations commencent à réagir. Stephen Webb, le président de l'antenne de Sacramento de la NCAAP (l'association pour la défense des droits des personnes de couleur) a ainsi confié son désarroi à CBS. "C'est déplorable, cela ne doit pas être accepté, et doit être retiré de la vente".

J.M.