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La guerre des monnaies va-t-elle secouer le G7?

Le président de la Banque du Japon, Haruhiko Kuroda

Le président de la Banque du Japon, Haruhiko Kuroda - -

Alors que s'ouvre, ce vendredi 10 mai, le sommet des ministres des Finances du G7 à Londres, plusieurs banques centrales ont pris des mesures pour contrer l'initiative du Japon, accusé de déprécier le yen. Mais Tokyo refuse de parler de guerres des monnaies.

Le sommet des ministres des finances du G7 commence, ce vendredi 10 mai, près de Londres. Au menu des discussions notamment : la question des taux de change. Il y a comme un parfum de guerre des monnaies depuis quelques jours.

Plusieurs banques centrales à travers le monde ont, en effet, pris des mesures pour faire baisser leur monnaie. Leur objectif : lancer la contre-attaque face au Japon.

Ce vendredi, le yen a dépassé le seuil des 100 yen pour un dollar. Une première depuis plus de 4 ans. La monnaie japonaise a perdu plus de 20% en six mois face au dollar.

Les exportateurs japonais se frottent les mains et les investisseurs apprécient. La Bourse de Tokyo a atteint ce matin un plus haut depuis 5 ans, conséquence indirecte de la politique ultra-accommodante de la Banque du Japon qui injecte des liquidités en rachetant massivement des actifs.

Des critiques et des ripostes

Un activisme monétaire qui irrite les banquiers centraux de la région, car la baisse du yen pénalise les exportateurs asiatiques. Du coup, les banques centrales passent à l'offensive.

Après l'Inde la semaine dernière, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et la Corée du Sud hier, le Sri Lanka et le Viet-Nam aujourd'hui d'annoncer des mesures d'assouplissement monétaire.

Ce vendredi, le secrétaire d'Etat américain au Trésor, Jack Lew, interrogé par CNBC, a encore appelé le Japon à rester dans les clous des accords internationaux sur les changes, malgré ses problèmes de croissance.

Du côté de Tokyo, on se défend de vouloir manipuler le taux de change. La baisse du yen, est un effet collatéral et non l'objectif de la politique de relance japonaise, selon le ministre de l'économie.

"La Banque du Japon n'a pas de cibles pour les taux de change, qui sont déterminés par le marché",a pour sa part encore répété Haruhiko Kuroda, gouverneur de la Banque du Japon (BoJ), ce vendredi.

Le Japon ne devrait pas être pointé du doigt

Selon les experts, Tokyo devrait échapper, une nouvelle fois pour le G7 finances d'aujourd'hui, aux foudres des grands argentiers qui ne veulent pas parler officiellement de guerre des monnaies.

Selon Reuters, le G7 de ce week-end devrait réaffirmer le message du G20 de février dernier, lorsque le Japon avait été à peine égratigné malgré les inquiétudes de nombreux pays, les Etats-Unis et l'Allemagne notamment.

Alexis Pluyette et avec BFMbusiness.com