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La Fed relève ses taux

Janet Yellen tient un discours très attendu par les marchés.

Janet Yellen tient un discours très attendu par les marchés. - Win Mcnamee - AFP

La banque centrale a décidé de diminuer de 0,25% son taux interbancaire, jeudi 14 novembre. Sa présidente Janet Yellen y voit "un signe de confiance dans l'économie"

La banque centrale américaine a relevé mercredi son taux directeur d'un quart de point de pourcentage comme s'y attendaient les marchés citant les améliorations sur le front de l'emploi et les progrès de l'inflation.

Le taux interbancaire au jour le jour se situe désormais entre 0,50% et 0,75% après cette hausse, la 2ème en dix ans et la première depuis l'élection de Donald Trump. Par rapport à septembre qui projetaient 2 hausses des taux, les membres de la Fed en ont prévu trois pour 2017.

Cette décision a été prise à l'unanimité.

"Un vote de confiance dans l'économie"

"Vu les conditions actuelles et attendues du marché du travail et de l'inflation, le Comité monétaire a décidé de relever la cible des taux sur les fonds fédéraux", indique le communiqué qui répète que la politique monétaire demeure "accommodante" et que les hausses à l'avenir resteront "graduelles".

"C'est un vote de confiance dans l'économie", a déclaré Janet Yellen, la présidente de la Fed lors de la conférence de presse qui a suivi la décision du comité.

Janet Yellen a assuré que ce relèvement du coût du crédit aurait un impact "très modeste" sur l'accès des ménages au crédit.

Interrogée sur les mesures de relance budgétaire promises par Donald Trump, Janet Yellen a reconnu qu'elles pouvaient changer les perspectives économiques mais qu'il était trop tôt pour les évaluer. Elle a souligné que peu de membres de la Fed avaient intégré ses promesses de relance dans leurs prévisions de hausses des taux pour 2017 et 2018 qui ont néanmoins été augmentées "très légèrement".

Pas de bulle financière

À propos de la montée du prix des actions qui ont atteint des records à Wall Street et qui pourraient découler "des anticipations par les acteurs financiers de politiques budgétaires expansionnistes", Janet Yellen a assuré qu'eux aussi "étaient incertains": "je m'attends à ce que les changements dans notre compréhension de ce qui va se passer va aussi affecter le prix des actions à l'avenir".

Elle s'est refusée à qualifier ce haut niveau du prix des actions de bulle financière alors que l'indice Dow Jones a presque gagné 2.000 points depuis l'élection de candidat populiste et s'approche des 20.000 points. "Je crois qu'il est juste de dire qu'ils restent dans une fourchette normale".

La Fed a également révisé à la hausse ses prévisions de croissance. Le produit intérieur brut (PIB) américain devrait ainsi progresser de 2,1% sur un an au dernier trimestre 2017, soit 0,1 point de plus que ce qui était prévu il y a trois mois, selon les nouvelles projections du Comité de politique monétaire (FOMC).

Certaines faiblesses subsistent toutefois notamment l'investissement des entreprises qui reste "faible", déplore le FOMC dans son communiqué.

Trump contre Yellen

Après cette hausse des taux, chacun va à présent guetter la réaction des marchés mondiaux mais également celle du président élu américain, qui avait durement critiqué la banque centrale en l'accusant de parti pris politique.

Pendant sa campagne, Donald Trump avait ainsi accusé la Fed de maintenir ses taux artificiellement bas pour "faire le jeu" de l'administration Obama et éviter un ralentissement de l'économie.

Depuis sa victoire du 8 novembre, le président élu a quelque peu mis en sourdine ces critiques mais les mesures qu'il devrait annoncer après son investiture le 20 janvier pourraient influer sur les orientations monétaires de la banque centrale.

Donald Trump s'est ainsi engagé à réduire massivement les impôts sur les sociétés et à engager de massives dépenses d'infrastructures, deux mesures qui pourraient durablement grever les finances publiques américaines.

Un resserrement monétaire

Si elle a le potentiel de doper la croissance, une relance budgétaire risque également de renforcer l'inflation, ce qui pourrait conduire la Fed a accélérer la cadence de relèvements des taux pour éviter un emballement incontrôlé des prix.

Les membres de la Fed semblent en tout cas se montrer d'ores et déjà favorables à un resserrement monétaire plus rapide que prévu pour éviter une surchauffe et tablent désormais sur trois hausses des taux en 2017, contre deux prévues il y a trois mois, selon des projections publiées mercredi.

"Des changements dans la politique budgétaire et d'autres mesures économiques pourraient potentiellement affecter les perspectives économiques", a admis Mme Yellen, tout en assurant qu'il était "trop tôt" pour en évaluer l'impact potentiel.

Interrogée sur la pertinence du programme économique de Donald Trump, Mme Yellen a joué la prudence et s'est réfugiée derrière son indépendance. "Je n'offrirai pas au futur président des conseils sur les mesures qu'il devra mettre en place", a-t-elle assuré, éludant les questions sur son avenir personnel.

"Je n'ai pris aucune décision sur l'avenir", a dit celle dont le mandat s'achève en 2018.

Y.D. avec AFP