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La Banque de France aura rendu tout son or à l'Allemagne en 2018

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Avec 3.378 tonnes d'or, l'Allemagne possède les deuxièmes réserves les plus importantes au monde après celles des États-Unis.

La France n'abritera plus d'or allemand dans ses coffres-forts fin 2017. La Bundesbank a en effet décidé d'accélérer le retour de ses réserves d'or et de rapatrier d'ici la fin d'année les 91 tonnes restantes stockées à la Banque de France. En 2016, la banque centrale allemande avait déjà transféré 216 tonnes du métal précieux, dont 105 tonnes en provenance de Paris et 111 tonnes de New York. L'institution de Francfort devrait donc détenir 1.710 tonnes d'or fin 2017, soit 50,6% du total de ses réserves. Environ 1.236 tonnes du métal resteront tout de même dans les coffres de la Fed à New York et 432 tonnes dans ceux de la banque d'Angleterre à Londres.

Ainsi, trois ans avant le calendrier initial, la Bundesbank met un point final à son projet lancé en 2013, qui devait permettre le rapatriement de 674 tonnes d'or d'ici 2020 afin de rétablir la confiance du public dans la sécurité des réserves de l'Allemagne. Une anomalie donc rectifiée pour un pays qui possède les deuxièmes réserves les plus importantes au monde après celles des États-Unis, avec 3.378 tonnes d'or (soit 134 milliards d'euros).

Peur des communistes

Si cette volonté de rapatrier plus rapidement que prévu ses réserves peut surprendre, elle n'est pas pour autant liée à l'instabilité politique dans les pays détenant son or (États-Unis, Royaume-Uni, France) comme l'a clairement fait savoir Carl-Ludwig Thiele, membre du directoire de la "Buba". "L'incertitude politique liée à la nouvelle administration des États-Unis ou à la prochaine sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne n'a eu aucun impact sur la rapidité de l'achèvement du projet ou sur les décisions concernant les emplacements de stockage".

Car historiquement, si l'Allemagne stockait son or à l'étranger, c'était en grande partie pour des raisons politiques. En effet, par peur d'être envahie par l'URSS pendant la guerre froide, la Bundesbank avait laissé le soin aux pays alliés de l'époque de conserver ses réserves. Elle y trouvait également un intérêt financier. En effet, pour économiser des coûts (hygrométrie, nettoyage régulier, etc.), l'institution avait aussi un intérêt à laisser son or aux bons soins d’une autre banque centrale.

S.B