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Israël veut aider l'Afrique à faire fleurir le désert

Ayant conquis le désert sur son propre territoire, Israël est disposé à mettre son savoir-faire au service des pays africains qui cherchent à s'assurer une production agricole régulière malgré une pluviosité de plus en plus imprévisible. /Photo d'archives

Ayant conquis le désert sur son propre territoire, Israël est disposé à mettre son savoir-faire au service des pays africains qui cherchent à s'assurer une production agricole régulière malgré une pluviosité de plus en plus imprévisible. /Photo d'archives - -

par David Lewis DAKAR - Ayant conquis le désert sur son propre territoire, Israël est disposé à mettre son savoir-faire au service des pays africains...

par David Lewis

DAKAR (Reuters) - Ayant conquis le désert sur son propre territoire, Israël est disposé à mettre son savoir-faire au service des pays africains qui cherchent à s'assurer une production agricole régulière malgré une pluviosité de plus en plus imprévisible.

L'objectif d'Israël est de partager ses connaissances, notamment en matière d'irrigation et de gestion de l'eau, et non de se mettre en quête des ressources naturelles de l'Afrique, a déclaré le ministre israélien de l'Agriculture, Shalom Simhon.

"Nous ne venons pas ici en Afrique pour prendre leurs ressources aux pays africains. Nous venons ici pour donner notre savoir-faire à ces pays afin qu'ils se développent", a-t-il expliqué dans une interview à Reuters, dans le cadre d'une tournée au Sénégal, en Côte d'Ivoire et au Gabon.

Dix millions d'habitants de la région sont confrontés à des pénuries alimentaires en Afrique centrale et de l'Ouest en raison d'une absence ou d'un retard des pluies saisonnières.

"Israël est le seul pays au monde qui a été en mesure de conquérir le désert. Plus de 50% de ce que nous exportons est produit dans des zones semi-arides. C'est notre atout, et c'est ce que nous aimerions apporter ici", a dit Simhon pendant le week-end, alors qu'il se trouvait au Sénégal.

MOINS D'EAU POUR UNE PRODUCTION PLUS IMPORTANTE

Israël, a-t-il fait valoir, pourrait aider le Sénégal à réduire sa dépendance vis-à-vis des importations, qui couvrent actuellement 80% de ses besoins alimentaires.

"L'agriculture traditionnelle du Sénégal fonctionne au rythme d'une récolte par an. Nous savons comment faire pour passer à trois ou quatre récoltes annuelles. Nous pouvons l'enseigner", dit-il.

Le ministre n'a pas divulgué de chiffres concernant les projets d'aide de son pays à l'agriculture africaine, mais il a souligné que plusieurs projets, financés par Israël, étaient d'ores et déjà développés au Sénégal.

"L'un des aspects les plus importants, c'est la technologie et l'utilisation de l'eau. Le monde est en train de s'assécher. Il y a moins d'eau, moins de jours de pluie", fait-il remarquer.

"En Israël, nous utilisons de l'eau recyclée, de l'eau dessalée, de l'eau de pluie, de l'eau saumâtre, ce qui n'est pas le cas dans presque partout ailleurs dans le monde, et nous en tirons les tomates les plus douces", ajoute-t-il.

Le recherches en hydrologie ont permis aux agriculteurs israéliens d'utiliser 30% d'eau en moins tout en doublant leur production au cours de la dernière décennie, ce qui donne au pays un excédent agricole de 150%.

"Nous arrivons avec les connaissances, l'expertise, et la volonté de partager celles-ci avec d'autres pays", a-t-il ajouté, en soulignant qu'il revenait aux pays africains de fixer leurs priorités et de rechercher l'aide disponible.

Eric Faye pour le service français