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Grâce à sa crypto-monnaie le Venezuela va injecter un milliard de dollars dans son économie

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- - Federico Parra / AFP

En février, le Venezuela a lancé sa propre crypto-monnaie: le Petro. Sa vente a permis de faire entrer 3,3 milliards de dollars dans les caisses de l'État, dont un milliard vont être versés à la banque centrale pour alimenter les réserves du pays.

Le gouvernement vénézuélien, plombé par de graves problèmes de liquidités, va injecter dans son économie un milliard de dollars issus de la vente du Petro, sa cryptomonnaie.

Le président socialiste Nicolas Maduro a annoncé jeudi soir que la vente du Petro, lancée en février, avait fait entrer dans les caisses de l'État vénézuélien 3,3 milliards de dollars", dont 1,7 milliard serviront à importer "des aliments, des médicaments et des matières premières pour l'industrie". Les importations de médicaments et de fournitures médicales se sont effondrées avec la crise économique qui frappe le Venezuela.

Sur les 1,6 milliard restants, "j'ai décidé de remettre à la Banque centrale (...) un milliard de dollars", a-t-il ajouté. Cette somme viendra alimenter les réserves de ce pays pétrolier qui ne dispose plus que de 9,7 milliards de dollars et doit rembourser quelque 8 milliards en 2018.

La "mafia" des changes

Le Venezuela, mis en difficulté par la chute des cours de l'or noir dont il tire 96% de ses devises, est acculé à restructurer une dette extérieure estimée à environ 150 milliards de dollars par certains experts.

Ce milliard de dollars doit servir aussi à contrer le marché noir, où le billet vert s'écoule à des taux 12 fois supérieurs au cours officiel. Pour cela, la Banque centrale (BCV) organise régulièrement des ventes aux enchères de devises.

Le gouvernement vénézuélien accuse pêle-mêle l'opposition, les États-Unis et la Colombie de mener une "guerre économique" pour précipiter sa chute. Le camp au pouvoir accuse cette "mafia" des changes, comme il l'appelle, d'être responsable de la dévaluation de la monnaie locale, le bolivar, ainsi que de l'hyperinflation qui frappe le pays, à 13.000% cette année, selon le FMI. Le gouvernement socialiste applique depuis 2003 un strict contrôle des devises et des changes, distribuant au compte-goutte les dollars.

J.-C.C. avec AFP