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Franck Riester: l'Europe "est un atout considérable"

Franck Riester, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, était l’invité ce lundi matin de Good Morning Business sur BFM Business.

Le plan de relance européen de 750 milliards d'euros reste encore en suspens, dans l'attente d'une ratification par l'ensemble des Etats membres – et dix manquent encore à l'appel. Les Européens risquent-ils de prendre un retard considérable par rapport aux Américains ou aux Chinois?

La France met la pression au maximum pour que l'on puisse avoir le [déblocage des fonds] à l'été" mais "ce n'est pas encore gagné", a déclaré ce lundi matin Franck Riester, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, sur le plateau de Good Morning Business.

Ces lenteurs dans la ratification du plan de relance européen pourraient être "effectivement une démonstration de la lourdeur européenne", a commenté le ministre.

Il y a un certain nombre de pays où les procédures sont plus complexes, c'est le cas en Allemagne. Il faut absolument qu'on ait ce [déblocage des fonds] parce que pour l'Europe ça serait ravageur en termes d'image".

Face aux Etats-Unis, à la Chine, à la Russie

D'autant que l'Europe a déjà essuyé des critiques sur l'approvisionnement en vaccins alors que d'autres pays, comme la Grande-Bretagne, sont plus avancés dans leurs campagnes vaccinales.

On verra à la fin de la crise sanitaire ce que sera le bilan des uns et des autres, je ne suis pas sûr que la Grande-Bretagne ait des leçons à donner à la Terre entière de ce point de vue-là", a réagi Franck Riester.

Mais "il est clair qu'on a besoin en Europe de relocaliser des chaînes de valeur, d'avoir un outil industriel plus performant pour l'avenir, et notamment sur la partie santé, médicaments ou vaccins".

L'Europe "est un atout considérable", a souligné le ministre. "On va être dans une compétition entre poids lourds politiques et économiques. Si on est pas un poids lourd économique et politique, on ne pèse rien. Il faut peser face aux Etats-Unis, à la Chine, à l'Inde, au Brésil, à la Russie. Ce n'est qu'en étant unis que l'on pourra réussir à peser", a-t-il poursuivi.

Mais "il faudra tirer les conséquences de cette séquence pour voir comment on peut industriellement être beaucoup plus autonomes, indépendants et réactifs".

Jérémy Bruno