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Etats-Unis: Obama à nouveau face à la falaise fiscale

Républicains et démocrates vont devoir trouver un compromis sur le budget américain d'ici début septembre pour éviter la "falaise fiscale".

Républicains et démocrates vont devoir trouver un compromis sur le budget américain d'ici début septembre pour éviter la "falaise fiscale". - -

Après deux ans d'impasse, démocrates et républicains n'ont toujours pas trouvé d'accord à long terme pour gérer le budget américain. Or le plafond de la dette américaine sera atteint le 2 septembre.

C'était y a deux ans, jour pour jour, les Etats-Unis perdaient leur triple A le 5 août 2011. A l'époque, l'agence de notation Standard & Poor's pointait l'absence d'accord politique sur le budget, qui faisait peser un risque pour la trajectoire budgétaire et économique des Etats-Unis. Depuis, la situation n'a pas vraiment changé sur le fonds, même si S&P a relevé la perspective de la note du pays à "stable".

Un pays sans budget validé, voilà comment fonctionnent les Etats-Unis depuis le début de l'année. L'Etat est quand même parvenu à éviter la "falaise fiscale" de justesse. Mais il y a eu des coupes budgétaires automatiques pour rester dans les clous.

Le fond du problème est que les républicains et les démocrates n'ont pas du tout les mêmes priorités, et aucun n'a la majorité au Congrès. Ils sont donc obligés de s'entendre.

Obama en pleine opération séduction

C'est pourquoi Barack Obama a lancé son opération séduction. Depuis une semaine, il multiplie les discours économiques. Une tournée pour promouvoir sa politique, mais aussi pour trouver un terrain d’entente avec le camp républicain, avec qui le premier point d'achoppement est la fiscalité.

Le président américain a ainsi lancé son "grand marchandage". Il s'agit de simplifier la fiscalité des entreprises pour créer des emplois. Principale proposition: ramener leur taux d’imposition de 35% à 28%, voire 25% pour les industries.

En échange, ces entreprises devront réinvestir ces économies en emplois durables, qualifiés, directement destinés à la classe moyenne. Un appel du pied aux Républicains.

La survie du système de santé en jeu

Mais en contrepartie, prévient-il, n’oubliez pas que "priver des millions d’Américains d’un accès à la santé, juste parce que moi je pense le contraire, ça n’aidera pas la classe moyenne". Une référence à la dernière grande réforme de Barack Obama -la mise en place d'un système de soins pour tous- qui est démantelé, bloqué par le camp adverse.

Dès septembre, il faudra de nouveau que les deux camps se parlent, sur le plafond de la dette en premier lieu, c'est-à dire le montant au-delà duquel le pays n'a plus le feu vert légal pour s'endetter. La limite va être atteinte après l'été.

Vendredi dernier, le secrétaire d'Etat au Trésor formulait cette piqûre de rappel: le pays peut payer ses factures jusqu'au 2 septembre. Les deux camps ont un mois pour avancer, juste le temps que le Congrès revienne de sa pause estivale.

Aurélie Boris correspondante à New York