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Entreprises préférées des étudiants: les Allemandes cèdent du terrain

Le quartier d'affaires de Francfort-sur-le-Main, en Allemagne.

Le quartier d'affaires de Francfort-sur-le-Main, en Allemagne. - Siemens Bosh Volkswagen Daimler BASF Universum Etudiants Europe

Siemens, Bosch, Volkswagen, Daimler ou encore BASF: au classement Universum 2015 des entreprises préférées des étudiants européens, les groupes allemands cèdent du terrain, quel que soit leur secteur.

Les fleurons allemands séduisent de moins en moins les étudiants d'Europe. Dans le dernier classement de leurs entreprises préférées, publié ce mardi par le cabinet Universum, une petite flèche rouge pointe vers le bas à côté d'une majorité de noms d'entreprises du pays, signe qu'elles ont perdu des places par rapport à 2014.

Chez les ingénieurs, Volkswagen perd 8 places, passant du 15e rang au 23e. Rien à voir avec le scandale des moteurs truqués, puisque l'enquête a été menée auprès de 170.000 étudiants entre septembre 2014 et avril 2015, soit bien avant que l'affaire n'éclate. De son côté, Daimler, la maison-mère de Mercedes, chute également d'une place, et se maintient de justesse dans le top 10.

L'auto, la chimie, l'électronique concernées

De là à croire que le secteur automobile tout entier perd en attraction auprès des futurs ingénieurs? Apparemment pas, puisque BMW, marque allemande elle aussi, se maintient à la troisième place, et le suédois Volvo progresse de trois places (52 à 49).

Les autos allemandes ne sont pas les seules à reculer. Le chimiste BASF cède 4 rangs (22 à 26), le géant de l'électronique Siemens perd sa première place, au profit de l'Américain IBM, et son confrère Bosch recule d'une place, de la 9e à la 8e. Finalement, seul Schneider Electric peut se féliciter de séduire davantage d'ingénieurs qu'en 2014. L'énergéticien passe du 55e rang au 44e.

Côté commerce, les entreprises allemandes n'ont pas davantage gagné en désirabilité, et en ont même perdu. BMW (13), Adidas (18), Deutsche Bank (19) et le laboratoire Bayer (44) se maintiennent seulement à leur place de 2014. En baisse, Volkswagen perd 4 places (28e), Siemens 6 (37e), Bosch 1 (38e) et l'assurance Allianz 4 (49). Seul Daimler progresse un peu, de la 25e à la 22 place.

En fait, il semble que les entreprises allemandes soient victimes de leur succès. "Comme elles sont nombreuses et très bien placées, elles sont les plus susceptibles de bouger de place", explique la branche allemande d'Universum. Rien de comparable avec les entreprises françaises, par exemple, puisqu'elles ne sont que deux à figurer au classement (LVMH et L'Oréal). Autre élément d'explication, selon le cabinet: Deutsche Bank a pâtit d'une mauvaise publicité dans le monde l'année dernière, et Siemens a procédé à deux plans de licenciements.

Peut-être y a-t-il aussi une corrélation avec une modification des méthodes d'enquête. Outre les étudiants belges, suisses, allemands, espagnols, français, italiens, néerlandais, polonais, russes, suédois et britanniques interviewés, Universum a pour la première fois consulté également les turcs. Leurs réponses ont remplacé celles des étudiants norvégiens. Or les résultats de chaque pays sont pondérés dans le classement global en fonction de leur PIB. Si, donc, les Norvégiens plébiscitaient les groupes germaniques, le retrait de leur avis dans l'édition 2015 a pu pénaliser artificiellement ces compagnies. 

Nina Godart