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Donald Trump va fortement taxer les importations d'acier et d'aluminium

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- - Mandel Ngan / AFP

Le président des États-Unis a annoncé devant des producteurs américains d'acier et d'aluminium ce jeudi l'instauration prochaine de tarifs douaniers sur les importations de ces deux matériaux, sans toutefois préciser les pays concernés. Cette déclaration a été faite alors que le conseiller économique du président chinois est en visite à Washington.

Le président américain Donald Trump a annoncé jeudi qu'il allait frapper de fortes taxes les importations d'acier et d'aluminium aux États-Unis, au risque de provoquer une guerre commerciale avec ses principaux partenaires commerciaux dont la Chine.

"Je les promulguerai la semaine prochaine", a affirmé le président américain lors d'une rencontre à la Maison Blanche avec des producteurs d'acier et d'aluminium américains. "Et elles seront appliquées pour longtemps", a-t-il souligné. Il a évoqué des tarifs douaniers de 25% pour l'acier et de 10% pour l'aluminium, sans toutefois spécifier quels pays ils viseront.

Le conseiller économique du président chinois en visite à Washington

"Vous devrez reconstruire vos industries", a-t-il indiqué à l'intention des industriels qu'il recevait, ajoutant que les importations à bas prix aux États-Unis "détruisent nos entreprises et nos emplois".

Ces déclarations interviennent alors que Liu He, conseiller économique du président chinois, est en visite à Washington. Il devait rencontrer des responsables de la Maison Blanche mais pas Donald Trump, ont indiqué à l'AFP des responsables américains.

Donald Trump a en principe jusqu'au 11 avril dans le cas de l'acier et jusqu'au 19 avril dans celui de l'aluminium pour se prononcer sur des mesures visant ces importations qu'il accuse d'être subventionnées et écoulées à des prix inférieur à leurs coûts de production (dumping).

Le Washington Post faisait état jeudi d'intenses et difficiles discussions avec ses conseillers "sur la nature et la forme" de ces sanctions. Donald Trump n'aura finalement dévoilé que les grandes lignes dans de brèves déclarations.

Trois scénarios sont à l'étude

Son administration avait dévoilé mi-février trois scénarios pour taxer les importations d'aluminium et d'acier, mettant en avant la nécessité de préserver la sécurité nationale et les emplois aux Etats-Unis.

Dans le détail, une taxe d'au moins 24% est envisagée sur toutes les importations d'acier quel que soit le pays d'origine; ou une taxe d'au moins 53% sur celles provenant de douze pays dont la Chine, la Russie, le Brésil, la Corée du Sud et la Turquie; ou un quota équivalent à 63% des importations provenant de chaque pays sur la base des quantités de 2017.

Les propositions pour l'aluminium sont similaires avec une taxation générale d'au moins 7,7%, ou d'au moins 23,6% sur celles provenant de Chine, Hong-Kong, Russie, Venezuela et Vietnam. L'option du quota serait de 86,7% des importations sur la base de celles de 2017.

Une déclaration de guerre commerciale?

Les Etats-Unis sont les plus gros importateurs d'acier au monde. Leurs importations sont près de quatre fois supérieures à leurs exportations, a déploré Wilbur Ross, accusant aussi la Chine de produire "chaque mois en moyenne la quasi-totalité des besoins annuels des Etats-Unis".

Toute décision, en particulier à l'encontre de la Chine, pourrait être perçue comme une déclaration de guerre commerciale. La Chine, deuxième partenaire commercial des Etats-Unis, a maintes fois prévenu qu'elle ne resterait pas les bras croisés.

Ce pays est loin d'être le principal fournisseur d'acier des Etats-Unis, comptant pour moins de 2% des importations totales. Celles-ci proviennent principalement du Canada (16%), du Brésil (13%) et de la Corée du Sud (10%).

L'Union européenne prête à riposter

De leurs côtés, les 28 pays de l'Union Européenne (UE) sont prêts à riposter si les Etats-Unis décidaient de les frapper par des mesures commerciales restrictives.

"Si le président américain Donald Trump frappe dur, nous allons prendre des contre-mesures", a prévenu mardi la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström.

Enfin, Paris comme Berlin ont retoqué l'argument avancé par les Américains de défense de leur sécurité nationale, l'industrie de défense américaine utilisant des "proportions marginales d'acier et d'aluminium" importés. 

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J.-C.C. avec AFP