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Cuba veut rembourser en rhum sa dette envers la République Tchèque

Cuba veut rembourser sa dette envers la République Tchèque en rhum

Cuba veut rembourser sa dette envers la République Tchèque en rhum - YAMIL LAGE AFP

Le gouvernement cubain souhaiterait rembourser sa dette envers la République Tchèque, estimée à 260 millions d'euros, grâce à son rhum. Une option considérée comme "intéressante" par la vice-ministre tchèque des Finances, Lenka Dupakova.

À court de liquidités, Cuba a proposé à la République tchèque de lui rembourser sa vieille dette avec des marchandises, dont du rhum, a révélé vendredi le ministère des Finances tchèque. "La partie cubaine a présenté une liste de matières premières... (incluant) plusieurs marques de rhum", selon un communiqué à l'AFP. Les médias tchèques estiment la dette cubaine à environ sept milliards de couronnes (260 millions d'euros), mais selon le ministère, la somme globale n'est pas encore arrêtée étant donné que les pourparlers sur son montant et son remboursement ont été ouverts seulement à la fin de l'année dernière.

La dette est, en grande partie, l'héritage des échanges commerciaux entre Cuba et la Tchécoslovaquie qui, en 1993, s'est scindée en République Tchèque et Slovaquie. Le plus grand quotidien tchèque Dnes cite la vice-ministre des Finances Lenka Dupakova estimant que le remboursement en rhum cubain était "une option intéressante".

Une réserve pour les 130 ans à venir

"Il s'agit de marques relativement inconnues qui pourraient être bonnes, mais nous devrions en faire la publicité et, généralement, les lancer sur le marché", a-t-elle néanmoins ajouté. Le quotidien souligne que la République Tchèque -un pays se distinguant par le taux de consommation de bière par tête le plus élevé du monde- avait importé l'an dernier 892 tonnes de rhum cubain pour deux millions d'euros. 

Si la dette entière devait être remboursée avec cette boisson, les Tchèques disposeraient d'une réserve pour les 130 ans à venir. Le ministère semble y être opposé en insistant pour "qu'au moins une partie de la dette soit remboursée en numéraire".

S.B. avec AFP