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Crash du vol MS804: Le Caire cherche-t-il à protéger EgyptAir?

Un avion de la compagnie EgyptAir, sur le tarmac de l'aéroport du Caire.

Un avion de la compagnie EgyptAir, sur le tarmac de l'aéroport du Caire. - Khaled Desouki - AFP

Les versions égyptienne et française divergent sur les causes du drame ayant coûté la vie à 66 personnes en mai dernier. Avec, en toile de fond, l'indemnisation des familles des victimes.

Sept mois après le crash d'un avion reliant Paris au Caire, lors duquel 66 personnes avaient été tuées, l’Egypte a annoncé la remise imminente des corps aux familles des victimes. Ce qui ne devrait toutefois pas mettre fin à la polémique puisque, outre la lenteur du processus, les causes du drame restent toujours indéterminées. Et la neutralité des enquêteurs locaux largement remise en question.

En cause: les traces d’explosifs que les autorités égyptiennes affirment avoir retrouvées sur les corps des victimes, accréditant ainsi la thèse de l’attentat. Problème: les enquêteurs français du Bureau d’enquête et d’analyse (BEA), ont de leur côté toujours privilégié la piste de l’incident technique. Et se montrent prudents, voire sceptiques, vis-à-vis de la version de leurs homologues égyptiens.

La responsabilité d'EgyptAir en question

Les familles des victimes françaises, elles, voient dans cette annonce une tentative de préserver les intérêts économiques de la compagnie EgyptAir. Car l’indemnisation des proches de disparus n’est en rien comparable selon les cas.

Les règles internationales, couchées noir sur blanc lors de la convention de Montréal, sont en effet très claires. Lors d’un crash, la compagnie aérienne incriminée doit obligatoirement verser un minimum de 100.000 DTS (Droits de tirage spéciaux, une unité monétaire mise en place par le FMI) par passager. Soit environ 130.000 euros, au taux actuel. Mais elle peut être amenée à verser une somme beaucoup plus grande si sa responsabilité dans l’accident est avérée.

Si la thèse de l’attentat était retenue, le coût financier serait donc bien moindre pour EgyptAir - Le Parisien évoque un montant divisé par cinq dans le cas présent. "C'est un feuilleton politico-judiciaire de mauvais goût sur fond de dispute économique", résume Julie Heslouin, responsable de l’association des victimes du vol MS804, dans le quotidien. Reste à savoir combien de temps celui-ci va encore durer.

Y.D.