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Ceta: pour Matthias Fekl, les Wallons "sont mis devant le fait accompli"

Invité de BFMTV et RMC, le secrétaire d’État au Commerce extérieur a déploré l’absence d’implication des parlements nationaux dans les négociations du traité de libre-échange entre l’UE et le Canada. Il assure comprendre la position de la Wallonie, qui bloque son adoption.

Alors que les tractations concernant le Ceta se poursuivent, la Wallonie empêche toujours la signature de la Belgique. Et de fait, l’adoption de ce traité de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne.

Ce qui ne semble pas vraiment surprendre Matthias Fekl, secrétaire d’État au Commerce extérieur et invité de BFMTV et RMC vendredi. "Aujourd’hui, les Wallons sont mis devant le fait accompli. Les Parlements arrivent en fin de processus, ont le choix entre oui ou non, et certains voudraient d’ailleurs que ça soit entre oui ou oui", a-t-il ainsi déploré.

"La Commission européenne voulait zapper les parlements nationaux"

S’il a reconnu qu’il n’était "pas certain" que le Ceta soit signé le 27 octobre comme prévu, Matthias Fekl a défendu le rôle de la France dans les négociations, notamment sur le renforcement du pouvoir du parlement français. "La Commission européenne voulait zapper les parlements nationaux", a-t-il affirmé. Mais "l’Europe ça ne peut pas se construire à coups d’oukazes et d’ultimatums".

Selon lui, grâce - notamment - aux négociateurs tricolores, le traité pourra être rejeté localement. "La partie européenne s’appliquera de manière provisoire. Mais si le parlement français refuse, l’ensemble du traité sera suspendu", a toutefois précisé le secrétaire d’État.

Revenant sur le principe des tribunaux d’arbitrage privé, initialement inclus dans le traité, Mathias Fekl s’est félicité de leur abandon, les considérant comme un "véritable scandale démocratique". Tout en défendant la nouvelle version du mécanisme de règlement des différends entre états et entreprises. Il s’agira ainsi d’une "cour de justice commerciale, avec des juges payés par les États et pas par les entreprises".

Tafta: "Il n'y aura pas d'accord rapide avec les États-Unis"

Évoquant les négociations sur le traité de libre-échange transatlantique, Matthias Fekl a maintenu son intention de stopper les discussions. Selon lui, "il n’y aura pas d’accord rapide avec les États-Unis (...) Ce traité ne verra pas le jour, il faudra reprendre les bases avec une nouvelle administration américaine."

Yann Duvert