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Ces entreprises françaises qui restent en Egypte

Lafarge et Orange, très présents en Egypte, ne comptent pas y cesser leurs activités pour le moment.

Lafarge et Orange, très présents en Egypte, ne comptent pas y cesser leurs activités pour le moment. - -

Lafarge et Orange, très présents en Egypte où la situation se tend de jour en jour entre l'armée et les manifestants pro-Morsi, indiquent ce vendredi maintenir leur activité mais prendre des mesures de sécurité.

La situation reste préoccupante en Egypte. Les Frères musulmans avaient promis un "vendredi de la colère" ce 16 août. Des affrontements ont été signalés, qui auraient déjà fait plusieurs dizaines de morts. Depuis le début de la semaine, les tentatives de l'armée de disperser les partisans du président déchu Mohamed Morsi ont fait 578 morts et plus de 3.000 blessés.

Certaines des 95 entreprises françaises présentes sur place, comme Vinci ou Bouygues, ont commencé à organiser le rapatriement de leurs salariés. Mais pas Lafarge et Orange, deux groupe très présents en Egypte.

Le cimentier français a ainsi déclaré suivre très attentivement l'évolution de la situation en Egypte, mais ne pas envisager de retrait pour l'instant. D'autant que "l'essentiel de [ses] activités se situe loin du Caire", l'usine de ciment du groupe étant située en plein désert, à 200 km de la capitale, souligne une porte-parole.

2.000 salariés pour Lafarge, 6.000 pour Orange

Le groupe est fortement implanté dans le pays. Lafarge, acteur clé de la zone Egypte et Moyen-Orient depuis l'acquisition des activités ciment d'Orascom en 2008, réalisait plus de 27% de son chiffre d'affaires dans la zone en 2012.

Détenu à presque 17% par le milliardaire égyptien Nassef Sawiris, il emploie environ 2.000 personnes dans le pays, mais seulement 10 à 15 expatriés actuellement.

Même discours du côté d'Orange. L'opérateur français assure avoir pris des mesures de sécurité. Mais pas question de rapatriement pour l'instant.

Le groupe dirigé par Stéphane Richard détenait en 2012 près de 35% du marché mobile en Egypte, pour un chiffre d'affaires de plus d'un milliard d'euros (sur 43,5 milliards au total en 2012). Il y emploie 6.000 salariés, principalement pour sa filiale Mobinil, qu'il possède à 94% depuis son rachat à Orascom en 2012. Les autres travaillent principalement pour le service client de la branche entreprises "Orange Business Service" et pour un centre de recherche.

Très peu d'expatriés français travaillent en Egypte pour Orange. Une "quinzaine en comptant leur famille", estime la direction, qui assure qu'ils se trouvent majoritairement en France en cette période de vacances.

Nina Godart