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Brexit : « une chance sur deux qu’il ne se fasse pas »

Le ministre du commerce Liam Fox redoute le maintien dans l'UE

Le ministre du commerce Liam Fox redoute le maintien dans l'UE - Tolga AKMEN / AFP

Liam Fox, ministre du commerce, « brexiter » convaincu, juge que le royaume pourrait être « incapable de sortir »

Liam Fox est un habitué des déclarations spectaculaires, et à 100 jours de la date fixée pour la sortie du Royaume Uni de l’Union Européenne, il a voulu mettre le députés conservateurs en face de leurs responsabilités. Lui, Brexiter convaincu, animateur de la campagne du référendum, juge que l’accord négocié par Theresa May est le « moins mauvais » accord possible. Il faut donc maintenant le voter, « parce que les choses doivent être claires pour tout le monde, si nous ne votions pas pour ce texte, je ne suis pas sûr de donner (à la concrétisation du Brexit) des chances supérieures à 50-50 », a-t-il confié au Sunday Times, « c’est bien la ratification par le Parlement de l’accord proposé par le gouvernement qui constitue la seule manière d'être 100% certain » que le Brexit ait lieu le 29 mars 2019, à 23 heures GMT.

Tout devrait se jouer autour du 14 janvier. Un premier vote prévu le 11 décembre avait été annulé à la dernière minute par Theresa May pour éviter une défaite annoncée. Theresa May a alors échappé à un vote de défiance des députés conservateurs, avant de retourner à Bruxelles chercher quelques concessions nouvelles, qu’elle n’a pas obtenues. Les débats aux Communes doivent reprendre le 9 janvier et le vote sur l'accord organisé la semaine suivante.

Si le texte devait être rejeté, continue Liam Fox, « je crois que vous briseriez le lien de confiance entre l'électorat et le parlement, cela nous mènerait en territoire inconnu, avec des conséquences imprévisibles ». « La seule chose qui brise le lien de confiance entre l'électorat et le Parlement est le refus de ministres comme Liam Fox de faire confiance aux électeurs en leur accordant le dernier mot », a réagi la député du parti Libéral-démocrate Layla Moran, favorable à l'organisation d'un nouveau référendum.

Juncker: pas d'agenda caché

En tout cas le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, commence à trouver le temps long. Il a appelé la Grande-Bretagne à « se reprendre », rejetant les accusations d'un agenda caché de l'Union européenne sur un maintien du Royaume-Uni dans l'UE. « Je trouve déraisonnable qu'une partie de l'opinion publique en Grande-Bretagne semble penser qu'il est entièrement du devoir de l'UE de trouver une solution à tous les problèmes futurs de ce pays » dit-il, au journal allemand Welt am Sonntag. « Je (vous) demande: reprenez-vous et dites-nous ce que vous voulez. Nos propositions sont sur la table depuis des mois ».

Il y en a certains qui « insinuent que notre objectif est de garder par tous les moyens la Grande-Bretagne au sein de l'UE. Mais ce n'est pas là notre intention », a poursuivi M. Juncker. « Nous voulons seulement clarifier l'avenir de notre relation et nous respectons le résultat du référendum » .

Aucune majorité ne semble se dessiner en faveur du texte. L'accord déçoit tant les plus fervents « brexiters » qui craignent un amarrage permanent du Royaume-Uni à l'UE, que les europhiles qui espèrent encore pouvoir faire marche arrière. Le parti travailliste, enfin, accuse Theresa May de « jouer la montre », afin de forcer les élus à voter pour l'accord négocié, plutôt que de prendre le risque que le Royaume-Uni quitte l'UE sans accord. « J'ai l'impression que la majorité des parlementaires britanniques se méfient autant de l'UE que de Mme May », conclut Jean Claude Juncker.