BFM Business

Brexit : Theresa May jusqu’au bout

La Première ministre Theresa May à la convention du CBI, le patronat britannique lundi 19 novembre à Londres.

La Première ministre Theresa May à la convention du CBI, le patronat britannique lundi 19 novembre à Londres. - ADRIAN DENNIS / AFP

La Première ministre britannique se rend à Bruxelles ce mercredi pour rencontrer le président de la Commission européenne. A quatre jours du sommet extraordinaire de Bruxelles, ils vont discuter du cadre des futures relations entre Londres et l'UE. Malgré les pressions qu’elle subit de toutes parts, Theresa May garde le cap.

Sa ténacité force le respect, jusque dans les rangs de ses détracteurs. Après la victoire surprise du Brexit au référendum de juin 2016 et la démission de David Cameron, il n'y a qu'elle, Theresa May, alors ministre de l’Intérieur, pour accepter de remplacer à Downing Street le Premier ministre démissionnaire. Les chefs de file des « Brexiters », à commencer par Boris Johnson, le maire de Londres de l’époque, se sont tous défilés, pressentant, à raison, que le chemin vers la sortie de l’Union européenne va être semé d’embuches.

« Theresa Maybe »

Mais Theresa May va s’y engager fermement, elle qui avait pourtant fait campagne dans le camp des « Remainers », les partisans du maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne. Un chemin qu’elle emprunte toujours chaussée de petits talons, à motif zèbre ou léopard, son signe distinctif. Moquée au début pour son absence de stratégie sur le dossier, on l’affuble du sobriquet « Theresa Maybe ». Elle enquille les formules creuses, comme « Brexit means Brexit » (« Brexit veut dire Brexit »), l’une de ses favorites, qu’elle martèle à longueur de meetings ou d’interviews.

Depuis des mois, elle encaisse tout : les démissions en cascade, notamment celle de ses ministres du Brexit, les critiques, de l'opposition bien sûr, mais aussi de son propre parti. Certains députés conservateurs, furieux de l’accord de divorce négocié avec Bruxelles, ont même essayé de la renverser, mais n’ont finalement pas réussi à réunir les 48 signatures requises pour organiser un vote de défiance.

Fille de pasteur

Mais Theresa May n’en a cure, ou en tout cas, elle ne laisse rien transparaître. Les observateurs de la vie politique britannique sont prompts à voir en elle la fille de pasteur, qui accomplit son devoir coûte que coûte. Elle ne cesse de le répéter : « nous sortirons de l’UE le 29 mars prochain ». Prochaine étape cruciale sur son chemin de croix : le vote de son plan sur le Brexit le mois prochain au Parlement. Un vote plus incertain que jamais.