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Brexit: pourquoi la livre flanche à nouveau

La livre chutait face à l'Euro et au dollars, ce lundi 3 octobre 2016.

La livre chutait face à l'Euro et au dollars, ce lundi 3 octobre 2016. - Justin Tallis-AFP

L'annonce par Theresa May de l'ouverture d'ici la fin mars des discussions sur le Brexit fait chuter la devise britannique. Elle ravive les craintes des analystes et des observateurs d'un divorce économique douloureux entre l'Europe et le Royaume-Uni.

Véritable baromètre de l'humeur du marché, la livre décrochait fortement, ce lundi 3 octobre 2016 face au dollar et à l'euro. En début de matinée, la devise britannique a atteint 87,46 pence pour un euro, son niveau le plus faible depuis début août 2013, tout en tombant à 1,2846 dollar pour 1 livre, son niveau le plus faible depuis début juillet, quand elle avait retrouvé son niveau de juin 1985.

La décision de Theresa May d'activer "avant fin mars" l'article 50 du Traité de Lisbonne, qui déclenchera les discussions de sortie de l'Union européenne, a ravivé les incertitudes liées à la complexité des négociations à venir et à leur issue. Les propos de Theresa May, qui a notamment signifié que son pays comptait bien répondre à la demande des Britanniques de contrôler l'afflux de migrants européens, suggèrent que "le Royaume-Uni pourrait être tenté par ce que l'on appelle un "Brexit dur", c'est-à-dire une séparation sans compromis, qui priverait les milieux d'affaires de toute flexibilité et visibilité, soulignait Ipek Ozkardeskaya, analyste chez London Capital Group.

Les analystes financiers redoutent un "Brexit dur"

"Il est généralement admis que plus May insiste sur le contrôle de l'immigration plus l'UE est encline à fermer l'accès au marché unique", soulignaient les analystes chez Rabobank.

Et pour Holger Schmieding, chef économiste au sein de la banque allemande Berenberg, un "Brexit dur", qui passerait par une forte restriction de l'immigration économique, "risque d'être le plus dommageable pour l'économie britannique sur le long terme".

Interrogé lundi matin, 3 octobre 2016, par la BBC en marge du congrès du parti conservateur à Birmingham (centre de l'Angleterre), le ministre britannique des Finances Philip Hammond a admis que l'économie du Royaume-Uni allait affronter des "turbulences" et des "montagnes russes" lors des négociations à venir.

L'économie britannique résiste bien pour l'instant 

"Il y aura une période de deux ans, voire peut-être même davantage, où les entreprises seront confrontées à l'incertitude sur la nature finale de notre relation avec l'Union européenne", a-t-il souligné.

Pour l'heure cependant, malgré les scénarios catastrophes dessinés par les partisans du maintien dans l'UE avant le référendum du 23 juin, l'économie britannique semble faire preuve d'une grande résistance.

La consommation des ménages n'a pas faibli, le chômage n'a pas progressé, au contraire, et le secteur de la construction se porte plutôt bien. M. Hammond a annoncé lundi un plan de 5 milliards de livres pour ce dernier secteur lors de son discours devant les militants conservateurs à Birmingham tandis qu'il a décidé d'abandonner l'objectif de son prédécesseur d'équilibrer les comptes du pays d'ici 2019/2020.

Dernier indicateur en date publié lundi matin par Markit, l'indice PMI mesurant l'activité dans le secteur manufacturier a atteint en septembre un plus haut depuis mi-2014, tirant profit de la baisse de la livre.

F.B avec AFP