BFM Business

Brexit: Moscovici contre l'idée d'une baisse d'impôt sur les sociétés en Grande-Bretagne

Pierre Moscovici estime qu'abaisser le fiscalité des entreprises en dessous de 15% n'est "pas une bonne solution".

Pierre Moscovici estime qu'abaisser le fiscalité des entreprises en dessous de 15% n'est "pas une bonne solution". - AFP - John Thys

Le commissaire européen aux Affaires économiques a dénoncé la proposition du ministre des Finances britannique de réduire cette fiscalité en-dessous de 15%.

"Nous ne devons pas être dans la concurrence fiscale exacerbée entre nous ou dans le dumping fiscal", a déclaré Pierre Moscovici ce mardi matin au micro de Radio Classique. Le commissaire européen aux Affaires économiques n’approuve pas du tout la proposition du ministre britannique des Finances George Osborne de réduire l'impôt sur les sociétés à moins de 15% pour contrer les effets du Brexit. "Passer sous les 15% ne me paraît pas être une bonne solution", a-t-il déclaré.

Cette proposition, si elle se concrétise, "signifie aussi une perte de recettes absolument considérable pour le Trésor britannique dans une situation où il y a déjà des déficits beaucoup trop élevés en Grande-Bretagne, sur lesquels désormais les marchés et les agences de notation vont jeter un regard plus important puisque ce ne sera plus dans le cadre de l'Union européenne", estime-t-il. 

"Soyons vigilants"

Toutefois, a nuancé le commissaire, "j'attendrai que le parti conservateur ait un vrai leader, ce ne sera pas (George Osborne) qui préparera le prochain budget de la Grande-Bretagne".

George Osborne a évoqué cette possibilité d’une réduction drastique d’impôt, dans l’objectif de faire du Royaume-Uni une "économie super-compétitive". "Soyons vigilants, mais en même temps ne soyons pas non plus inquiets à l'excès", a pour sa part recommandé Pierre Moscovici.

Par ailleurs, la démission de Nigel Farage de la tête du parti europhobe Ukip "prouve que les partisans du Brexit ne savaient pas où ils allaient, qu'ils n'avaient pas de plan pour le jour du lendemain", a par ailleurs estimé Pierre Moscovici. Cette décision, couplée à celle de Boris Johnson, le leader du camp du Brexit, de ne pas briguer le poste de Premier ministre, "est un aveu d'irresponsabilité, un aveu d'échec", juge-t-il. "Ces gens-là ont vraiment joué avec le feu et l’on ne peut pas leur faire confiance", a-t-il insisté.

"Je le dis aussi à ceux qui seraient tentés par un référendum en France, qu'un référendum ça blesse, ça brûle, ça divise, et ça ne débouche pas sur des solutions", a par ailleurs insisté Pierre Moscovici.

A.R. avec AFP