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Brexit : la paralysie qui menace l'Europe automobile

L'Association Européenne des Constructeurs Automobiles craint une forme de paralysie en cas de Brexit sans accord, notamment face aux problèmes logistiques.

L'Association Européenne des Constructeurs Automobiles craint une forme de paralysie en cas de Brexit sans accord, notamment face aux problèmes logistiques. - PAUL ELLIS / AFP

L'Association Européenne des Constructeurs Automobiles s'alarme d'une possible crise logistique à gérer en cas de «No Deal Brexit».

Des inquiétudes claires, concrètes, et précises. Que va-t-il se passer entre le 29 et le 30 mars prochain dans les usines automobiles, et sur les routes aux alentours de Calais et de Douvres? Va-t-on vers une paralysie de l'industrie automobile côté britannique, que toute l'industrie européenne va devoir gérer aussi de son côté? Ce sont les questions que pose sans détour l'AECA.

«Chaque jour, 1.100 camions européens traversent la Manche pour livrer des voitures et des moteurs au Royaume-Uni. Après le Brexit, même de courts délais à la douane entraîneront d'énormes problèmes logistiques, perturbant le processus de production et générant des coûts importants», s'inquiète l'association.

Explosion des coûts

Des coûts qui pourraient doublement exploser, car se posent désormais de vraies questions en termes de logistique, sur la question délicate de la gestion des stocks. Selon l'Association, les constructeurs sont en pleine chasse aux espaces et entrepôts pour y stocker des pièces détachées, en prévision des perturbations d'approvisionnement.

Mais tout cela a un coût, et l'addition s'annonce d'ores et déjà salée pour les constructeurs. «L'espace nécessaire pour stocker pendant plus qu'une courte période serait absolument énorme et coûteux», estime l'association, et impacterait durablement les comptes des industriels du secteur ainsi que leur rentabilité.

Vers un arrêt de la production?

Une addition finale qui devra aussi tenir compte des droits de douane. Car si un «No Deal Brexit» intervient, les règles classiques de l'OMC s'appliqueront, et une taxe de 10% supplémentaire sera appliquée à chaque véhicule échangé entre Union Européenne et Royaume Uni. L'ensemble de ces surcoûts va donc devoir être répercuté aux clients... ou absorbé par les constructeurs, ce qui paraît difficilement tenable en l'état.

Les constructeurs britanniques notamment, doivent déjà affronter une baisse de leurs commandes face aux incertitudes liées au Brexit. C'est le cas de Jaguar/Land Rover, qui a d'ores et déjà décidé d'une forte réduction de la production sur ses principaux sites. Mais l'ACEA prévoit désormais «des mises à l'arrêt temporaires de la production post-Brexit».

Menaces multiples

«La dure réalité est qu'aucun plan d'urgence ne peut couvrir de manière réaliste toutes les lacunes laissées par le retrait du Royaume-Uni de l'Union Européenne», déplore pour conclure l'Association.

Et face à un marché automobile européen bien portant mais relativement instable, la forte correction du marché chinois et l'ambiance générale de guerre commerciale, l'automobile européenne se prépare avec le dossier du Brexit à des mois qui s'annoncent complexes à gérer.