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BMW dans la spirale infernale des investissements

La rentabilité de BMW va rester sous forte pression, a cause d'un marché très incertain et du poids des budgets de recherche et développement.

La rentabilité de BMW va rester sous forte pression, a cause d'un marché très incertain et du poids des budgets de recherche et développement. - Robyn Beck / AFP

Le constructeur allemand abaisse ses prévisions pour la 2ème fois en quelques mois, et souhaite économiser 12 milliards d'euros en 3 ans seulement.

L'automobile du futur pèse toujours sur la santé de celle d'aujourd'hui. C'est encore le constat que fait BMW, contraint à une nouvelle alerte sur ses profits, à cause de l'inflation des ses investissements. Le constructeur annonce que ses bénéfices avant impôts seront a priori en baisse de 10% cette année, et reconnaît même qu'une nouvelle révision baisse est possible « si les conditions de marché se détériorent ». Notamment en cas de « No Deal Brexit » ou d'intensification de la guerre commerciale entre Chine et Etats-Unis. « La forte volatilité du marché rend difficile toute prévision », concède le constructeur.

BMW qui annonce parallèlement un plan d'économies très conséquent, de 12 milliards d'euros sur 3 ans. Une somme impressionnante, qui passera par un resserrage des coûts et des stratégies d'achat, ainsi que des coupes dans certains budgets. Le groupe espère même dégager des économies notamment en matière de développement, grâce à la digitalisation et l'amélioration des systèmes de simulation par ordinateur. « Grâce aux simulations et tests virtuels, nous allons pouvoir nous passer de 2.500 prototype coûteux à développer, d'ici 2024 » estime BMW, qui pense pouvoir notamment réduire de 33% le temps de développement de nouveaux modèles. 

La gamme existante devrait être largement réduite à l'avenir également. La moitié des variantes du catalogue devraient être supprimée pour économiser sur les coûts de production, et rationaliser l'offre.

Investissements et objectifs ambitieux

Car la situation fondamentale ne s'améliore pas pour le moment, dans une configuration de marché où les ventes actuelles doivent financer le développement des véhicules de demain. Après avoir consacré 7 milliards d'euros aux nouveaux investissements en 2018, et annoncé une participation conséquente à une co-entreprise avec Daimler dans le domaine des nouvelles mobilités (1,1 milliard d'euros au total pour les deux constructeurs) , BMW doit manœuvrer en douceur pour passer cette phase de transition.

Car les objectifs sont ambitieux : 500.000 véhicules hybrides et électriques produits dès la fin de l'année, pour une croissance estimée à 15% pour ce seul segment. BMW compte lancer 25 nouveaux modèles électrifiés ces 7 prochaines années, dont la moitié 100% électriques.

Rentabilité sous forte pression

Même si BMW a réalisé des performances et des progrès remarquables dans le domaine des véhicules électriques, et que ce relais de croissance prend doucement sa vitesse de croisière, la période reste délicate. Le groupe voulant entretenir une marque aussi diversifiée que possible, alors même que le marché européen reste difficile à cause des nouvelles normes anti-pollution, et que le marché chinois, crucial pour BMW, n'en finit pas de baisser.

Le groupe a déjà abaissé ses prévisions de marge, sensiblement sous ses premiers objectifs de 8 à 10%, en espérant rester entre 6 et 8 dans un premier temps. L'année 2018 s'était soldée par une marge de 6,3%, et elle devrait rester sous pression pendant une longue période encore, en attendant que les incertitudes majeures qui entourent le secteur automobile se dissipent.