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Barroso n'aurait pas tenu sa promesse et fait du lobbying pour Goldman Sachs

José Manuel Barroso a été embauché par Golman Sachs en 2016.

José Manuel Barroso a été embauché par Golman Sachs en 2016. - Thierry Charlier - AFP

Des ONG accusent l'ex-président de la Commission européenne de ne pas avoir tenu son engagement.

Des ONG ont accusé l'ex-président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, d'avoir brisé sa promesse de ne pas faire de lobbying pour son employeur Goldman Sachs en rencontrant à Bruxelles un vice-président de l'actuel exécutif européen. "José Manuel Barroso n'a pas tenu son engagement de ne pas exercer de lobbying au nom de Goldman Sachs", estime Alter-EU, une coalition d'ONG spécialisées dans la lutte anti-corruption, dans une lettre ouverte au secrétaire général de la Commission, Alexander Italianer.

L'embauche en 2016 du Portugais par la banque américaine, après dix ans à la tête de la Commission (2004-2014), avait suscité une vive polémique, mais le comité d'éthique de l'exécutif européen, tout en désapprouvant son choix, avait conclu qu'il n'avait pas violé les règles en vigueur. "L'engagement de José Manuel Barroso de ne pas exercer de lobbying au nom de Goldman Sachs répond au devoir d'intégrité et de discrétion imposés par le traité", avait relevé ce comité en octobre 2016.

"Je n'ai pas été engagé pour faire du lobbying pour le compte de Goldman Sachs et je n'en ai pas l'intention", avait en effet écrit l'intéressé dans un courrier au président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. Alter-EU estime cependant que la rencontre le 25 octobre 2017 dans un hôtel de Bruxelles de José Manuel Barroso avec le Finlandais Jyrki Katainen, qui fait partie de la frange la plus libérale de la Commission, constitue une activité de lobbying et que le cas de José Manuel Barroso doit à nouveau être examiné par le comité d'éthique.

Une enquête plus approfondie doit être menée

"L'organisme devrait cette fois-ci mener une enquête plus approfondie sur le rôle de José Manuel Barroso auprès de Goldman Sachs et évaluer si l'ancien président a induit le président Juncker en erreur", écrivent les ONG.

Jyrki Katainen a de son côté confirmé dans une lettre la tenue de cette rencontre, essentiellement consacrée à "des questions de défense et de commerce", en tête-à-tête et sans aucune prise de note. "Vingt-quatre heures après ce rendez-vous, le vice-président Katainen a publié cette rencontre (dans le registre de transparence de l'UE, ndlr) selon la procédure", a réagi le porte-parole de la Commission, Margaritis Schinas, lors du point presse quotidien.

Il a "suivi religieusement les paramètres de légalité qui s'appliquent", a ajouté Margaritis Schinas, sans faire d'autre commentaire. "Depuis le début de son mandat, (José Manuel Barroso) s'est refusé à représenter l'entreprise dans le cadre de tout interaction avec des fonctionnaires ou des représentants officiels de l'UE", a réagi Goldman Sachs dans un communiqué. Les rencontres comme celle avec Jyrki Katainen le sont "à titre personnel", a ajouté la banque d'investissement.

D. L. avec AFP