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Afrique du Sud: le conflit de Marikana révélateur d'un secteur minier en crise

La direction de la mine de Marikana a lancé un ultimatum aux grévistes, qui s’achève ce mardi

La direction de la mine de Marikana a lancé un ultimatum aux grévistes, qui s’achève ce mardi - -

L’activité a repris à la mine de platine de Marikana en Afrique du Sud. Mais la grève, qui a fait 34 morts, elle, n’est pas finie. Et ces événements dramatiques pourraient aggraver la situation économique du secteur minier local, de plus en plus à la peine.

En Afrique du Sud, les violences semblent se calmer dans la mine de Marikana. Cinq jours après la fusillade qui a fait 34 morts, l'ultimatum lancé aux grévistes qui demandent des augmentations de salaires a été repoussé à ce mardi 21 août, à 7h00. Des consultations ont eu lieu avec les syndicats. L'activité de l'usine a repris. Mais ce grave conflit risque d'éloigner les investisseurs d'un secteur minier sud-africain déjà bien mal en point.

La stabilité politique et les recettes sur le long terme sont en effet prioritaires pour un investisseur. Or, même si la direction de la mine de Marikana joue l'apaisement en repoussant d’un jour l’ultimatum lancé aux grévistes. Mais la situation reste explosive. Et en ne les menaçant plus de licenciement, la situation reste explosive.

La question des salaires n'est toujours pas réglée

Les mineurs gagnent environ 400 euros par mois; ils réclament 1250 euros, soit une augmentation de 300%. Pourtant, la question des salaires n'a même pas été évoquée par la direction. Certains investisseurs risquent donc de se tenir à l'écart tant que ce dossier ne sera pas clos, souligne un analyste.

Pour ne rien arranger, le secteur est de moins en moins rentable. Les infrastructures sud-africaines sont vieillissantes, les coûts de production explosent et les débouchés baissent.

Par ailleurs, la contraction du secteur automobile en Europe pèse sur l'activité. Car le minerai extrait à Marikana est du platine, un métal précieux qui sert essentiellement à fabriquer des pots d'échappement catalytiques.

Aujourd'hui, les investisseurs sont confrontés au risque de voir l'instabilité gagner l'ensemble du secteur en Afrique du Sud. En six jours, la direction de la mine de Marikara estime à 2% de la production annuelle les pertes générées par le conflit social.

Alexis Pluyette