BFM Business

Affaire Ghosn-Nissan : nouvelle semaine capitale

Même si l'audience de Carlos Ghosn va dominer ce début de semaine, les rapports entre Renault et Nissan semblent vouloir se détendre quelque peu.

Même si l'audience de Carlos Ghosn va dominer ce début de semaine, les rapports entre Renault et Nissan semblent vouloir se détendre quelque peu. - Kazuhiro NOGI / AFP

Alors que Carlos Ghosn doit comparaître en audience publique ce mardi devant la justice japonaise, Nissan et Renault semblent s'efforcer d'apaiser le climat au sein de l'alliance.

Même si, officiellement, aucune photo ou image ne sera autorisée, cette première apparition de Carlos Ghosn depuis son arrestation en novembre dernier est sans doute l'image la plus attendue de ce début d'année. L'Ex-président du directoire de Nissan doit comparaître devant le Tribunal de Tokyo, à sa demande, pour y être informé officiellement des charges qui pèsent sur lui et faire connaître sa position.

Ce rendez-vous étant plus formel qu'autre chose, il aura surtout valeur de symbole fort. Carlos Ghosn pourra s'y exprimer, et sauf coup de théâtre majeur, nier les faits de dissimulation de salaire, d'abus de confiance et d'abus de biens sociaux qu'on lui reproche. Le dirigeant d'ailleurs retournera en détention après cette audience, jusqu'au 11 janvier prochain au moins, après notification de nouveaux soupçons contre lui dans ce dossier, le 31 décembre dernier.

Ton plus rassurant chez Nissan

Au-delà de l'aspect sans doute spectaculaire de ce rendez-vous, les différentes parties de l'alliance semblent justement en quête de clarté sur l'avenir en ce début d'année. Et le ton ferme de part et d'autre, en fin d'année dernière, semble se modérer entre les camps Nissan et Renault, avec une interview remarquée du PDG de Nissan, Hiroto Saikawa, à l'AFP.

Lors de ses dernières interventions publiques, ce dernier a surtout mis en avant le travail qui incombait à Nissan en matière de réforme de la gouvernance, ainsi que le poids des charges qui pèsent sur son ancien dirigeant. Peu de déclarations encourageantes en faveur du travail en commun au sein de l'alliance, hormis quelques mots formels à plusieurs reprises soulignant la nécessité des coopérations industrielles.

Dialogue plus constructif ? 

Sans doute conscient de cela, Hiroto Saikawa a voulu, via un média français, exprimer un message plus clair et plus décidé concernant l'alliance qui, selon lui, « n'est absolument pas en danger ». Soulignant les contacts « quasi-quotidiens » qu'il entretient avec Renault, il déclare que « la valeur de l'alliance en elle-même vient du travail au jour le jour, basé sur le respect de l'autonomie de chacun des groupes ». « Ce travail, cette énergie, cette direction ne sont en rien affectés. Personne ne veut arrêter ou ralentir les choses, nous devons au contraire les accélérer », conclut-il.

Une manière aussi de tenter de rassurer le camp Renault, de plus en plus tendu face à des dirigeants de Nissan qui semblaient jusque-là surtout soucieux de l'avenir de... Nissan. Mais ces déclarations du dirigeant japonais seront peut-être de nature à entamer un dialogue un peu plus constructif, chacune des parties s'étant plainte à de nombreuses reprises des difficultés de communication depuis qu'a éclaté l'affaire Ghosn. De meilleures dispositions pour travailler, à plus long terme, sur le sujet de la gouvernance de l'alliance.

En gage de bonne volonté, les dirigeants de Renault semblent eux aussi prêts à faire toute la lumière sur le dossier, et le Ministre de l'Economie Bruno Le Maire s'est dit favorable à un examen approfondi du système de rémunération au sein de l'alliance. Le rôle de la holding néerlandaise Renault-Nissan BV notamment, pourrait devenir un élément-clé du dossier.