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1 grande entreprise sur 6 a changé de patron en 2015

Les patrons des grandes entreprises cotées ont beaucoup changé de postes.

Les patrons des grandes entreprises cotées ont beaucoup changé de postes. - David Drexler - AFP

"Le taux de renouvellement des dirigeants dans les 2.500 plus grands groupes cotés du monde a atteint un niveau record. En cause: la multiplication des fusions."

Les PDG ont la bougeotte. La valse des dirigeants au sein des 2.500 plus grands groupes cotés dans le monde a atteint un niveau record en 2015, avec un taux de renouvellement de 17%, selon une étude de PwC. Un niveau jamais atteint depuis que ce cabinet d'audit se penche sur le niveau de turnover dans les multinationales.

"La principale raison est la reprise de l'activité de fusion-acquisition", car dans ces situations "il y a un patron de trop", a expliqué à l'AFP Pierre Péladeau, associé chez Strategy&, filiale de PwC.

L'étude montre une légère hausse des recrutements de grands patrons à l'extérieur des groupes plutôt qu'en interne, dans 24% des cas sur la période 2012-2015 contre 21% auparavant. "Il y a une tendance à aller chercher un peu plus des outsiders que des insiders", plus marquée en Europe (30%) qu'en Amérique du nord (18%), a souligné Pierre Péladeau. Le phénomène est encore plus prononcé au Brésil en Inde et en Russie (38%) et à l'inverse très rare au Japon (4%).

En France, on préfère les patrons français

Les secteurs des télécoms, des services publics, de la santé et de l'énergie sont ceux qui vont le plus chercher ailleurs les profils dont ils ont besoin, notamment "des compétences en réduction de coûts" souligne PWC.

Le cabinet souligne une particularité bien française. Pour renouveler leurs dirigeants, les entreprises tricolores puisent dans un vivier "presque exclusivement français" et "passés à travers les mêmes grandes écoles". En France, seuls 9% des grands patrons sont titulaires d'un MBA (maîtrise en administration des affaires), soit trois fois moins qu'au niveau mondial.

Par ailleurs, la part des femmes parmi les dirigeants embauchés l'an dernier recule de 5% à moins de 3%, avec seulement 10 nominations sur un total de 359. La baisse est "assez significative" en Amérique du nord, avec une seule femme sur 87 nouveaux PDG.

D. L. avec AFP