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Guillaume Faury (PDG d'Airbus): "On a limité la casse en 2020, mais 2021 est plus difficile que prévu"

Guillaume Faury

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Le patron du premier avionneur mondial rappelle que les compagnies ont peu annulé de commandes d'avions en 2020 mais craint que la crise perdure dans le temps.

Une année difficile, mais pas catastrophique pour Airbus. Si l'avionneur européen a essuyé une perte de 1,13 milliard d'euros et un recul de 29% de son chiffre d'affaires, sa situation est plus avantageuse que celle de son rival Boeing qui a perdu de son côté 12 miliards de dollars.

Une situation dont se félicite son Pdg Guillaume Faury, invité ce vendredi sur BFM Business et qui s'attendait à rencontrer de plus fortes turbulences.

"Quand on a vu la pandémie arriver, on avait des scénarios beaucoup plus sombres que celui-là, reconnaît le patron d'Airbus. On a beaucoup travaillé pour limiter l'impact sur nous, nos clients et nos fournisseurs et effectivement on est arrivé à gérer 2020 aussi bien que possible [...] on a limité la casse aussi bien qu'on pouvait dans cet environnement difficile."

Une trésorerie peu impactée, des aides de l'Etat qui ont permis de mettre une grande partie des salariés au chômage partiel afin de ralentir la production... Airbus a donc pu limiter l'impact de cette crise inédite pour le transport aérien.

S'il souffle en regardant le passé, le patron d'Airbus reste très prudent quand il se projette vers l'avenir.

"Le trafic est dévasté en Europe"

"On a indiqué qu'on voulait livrer au moins le même nombre d'avions commerciaux que ce qu'on a fait en 2020 c'est à dire 566 avions et ça veut dire qu'on ne voit pas de fort retour de la croissance cette année, reconnaît Guillaume Faury. 2022 devrait être plus positif mais le moment où tout va se décanter et où on va voir les passagers pouvoir revoler et les compagnies aériennes aller beaucoup mieux est très incertain."

D'autant que le début d'année en cours n'est pas très favorable à l'image de l'ensemble de l'économie touchée par les deuxième et troisième vagues de la pandémie.

"On a un début d'année qui est plus difficile que ce qu'on pensait, estime le PDG d'Airbus. On a des perspectives moyen long terme qui sont en train de s'améliorer et 2021 est l'année au milieu de ces deux tendances contradictoires."

Des perspectives de long terme très variables selon les régions. Ainsi, le patron d'Aéroports de Paris ne s'attend pas à un retour à un trafic normal en Europe avant 2027.

"La situation est très variable selon les zones du monde et l'Europe est clairement la zone la plus impactée, déplore Guillaume Faury. Les mesures prises de façon assez décoordonées entre les gouvernements rendent le trafic aérien quasiment impossible. L'impact économique et la dévastatation du paysage aérien en Europe est vraiment très sévère par rapport au reste du monde."

Le patron d'Airbus indique ainsi que le groupe va continuer son internationalisation. L'avionneur qui a ouvert une ligne d'assemblage pour son petit porteur A220 aux Etats-Unis veut continuer à déployer ses chaînes de production dans le monde, notamment en Amérique et en Chine.

"Mais ça ne se fera pas au détriment de l'Europe", tient cependant à rassurer le patron d'Airbus.
Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco