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Grève du 5 décembre: 30% d'activité en moins chez certains commerçants

L'Alliance du commerce a estimé que, "bien que les dégradations matérielles aient été limitées lors des manifestations, l'impact de la grève est particulièrement fort dans les centres-villes des métropoles et grandes villes."

L'Alliance du commerce a estimé que, "bien que les dégradations matérielles aient été limitées lors des manifestations, l'impact de la grève est particulièrement fort dans les centres-villes des métropoles et grandes villes." - Bulent Kilic-AFP

La journée de grève et de manifestations de jeudi a entraîné "30% de baisse d'activité en moyenne dans les magasins", selon une fédération de commerçants. Elle a fait part ce vendredi de ses "vives inquiétudes" si le mouvement devait perdurer alors qu'une nouvelle journée de mobilisation sociale est déjà prévue le 10 décembre.

Le 5 décembre avec son cortège de manifestations et de grèves dans différents secteurs, aurait entraîné une baisse d'activité de 30% dans les magasins en moyenne, selon l'Alliance du commerce. Cette fédération de commerçants a estimé que, "bien que les dégradations matérielles aient été limitées lors des manifestations, l'impact de la grève est particulièrement fort dans les centres-villes des métropoles et grandes villes du fait de la grève des transports, de l'importante baisse de trafic en magasin mais aussi de la fermeture, complète ou partielle (une ou deux heures), de très nombreux commerces".

Quels effets de la reconduction du mouvement social?

Cette structure, qui rassemble l'Union du grand commerce de centre-ville, la Fédération des enseignes de l'habillement et la Fédération des enseignes de la chaussure, représente 26.000 magasins et 200.000 salariés dans le secteur de l'équipement de la personne.

Rappelant que le secteur est déjà durement mis "en péril par la permanence, depuis plus d'un an, du mouvement des gilets jaunes", elle "s'alarme des effets de la reconduction" du mouvement actuel contre la réforme des retraites. "Alors que l'activité commençait enfin à repartir en novembre, cette nouvelle mobilisation, si elle se poursuit, viendrait casser la dynamique de la reprise", ajoute-t-elle alors que l'intersyndicale CGT-FO-Solidaires-FSU et quatre organisations de jeunesse ont appelé vendredi à une nouvelle journée de grèves et de manifestations mardi contre le projet de réforme des retraites du gouvernement, qui a mis au moins 800.000 personnes dans la rue jeudi

Décembre: 10 à 20% du chiffre d'affaires annuel des commerces

L'Alliance du Commerce fait part en outre "de ses vives inquiétudes quant à l'impact de la poursuite de ces manifestations sur les touristes internationaux", et de "la perte d'attractivité de la France à l'étranger". Le mois de décembre "représente entre 10% et 20% du chiffre d'affaires annuel des commerçants, voire au-delà pour les activités saisonnières", rappelle Yohann Petiot, le directeur général de l'Alliance du commerce, cité dans le communiqué, en lançant un appel à "soutenir (les) commerçants en se rendant dans leurs magasins de proximité et leurs enseignes habituelles pour leurs achats de Noël".

Vers des dispositifs de soutien aux commerçants?

Il y avait eu des dispositifs qui avaient été mis en place à l'occasion du mouvement des gilets jaunes, et on a demandé que ces dispositifs soient réactivés très vite si le mouvement (de grève dans les transports) venait à perdurer", a dit de son côté sur RTL le président de l'Union des entreprises de proximité (U2P), Alain Griset.

Il a cité "des allègements de charges sociales, des reports de cotisations, du soutien bancaire, et naturellement de l'accompagnement au plus près des entreprises qui auraient des difficultés, et dans le cas où il y aurait des dégradations, qu'il y ait des réponses très rapides des assureurs pour qu'il n'y ait pas de perte d'activité". "Il ne faudrait pas qu'on ait un deuxième coup dans la même année 2019. Cela pourrait être mortel pour beaucoup" des entreprises de proximité, a souligné Alain Griset, qui a rencontré le président Emmanuel Macron vendredi après-midi.

La secrétaire d'État à l'Économie Agnès Pannier-Runacher avait pour sa part affirmé plus tôt ce vendredi sur l'antenne de RMC que les conséquences du mouvement sur l'économie française étaient "modestes". "C'est zéro sur le PIB, ce n'est pas cette première journée qui compte", avait souligné Mme Pannier-Runacher.

Frédéric Bergé avec AFP