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Un restaurant sur deux ne joue pas le jeu

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Une étude de la DGCCRF montre qu'un restaurant sur deux applique la baisse de la TVA. Encourageant... mais complexe à mettre en oeuvre.

C'est l'éternelle question du verre à moitié vide, ou à moitié plein. La déception (légitime) des consommateurs qui ne profitent pas encore de cette baisse est à mettre en opposition avec la relative satisfaction du ministre chargé du commerce. 15 jours après la mise en application, c'est plutôt bien parti... Mais attendons la fin de l'année.
Toujours est-il qu'aujourd'hui, un restaurant sur deux n'applique pas encore la baisse de la TVA (passée de 19,6 à 5,5 %) sur les prix, deux semaines après l'entrée en vigueur de la mesure (le 1er juillet). C'est ce qu'indique le secrétariat d'Etat au Commerce et à l'Artisanat, suite à une enquête menée du 6 au 10 juillet par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) auprès de 4.000 restaurants. Trois régions arrivent en tête de celles qui appliquent la baisse de la TVA : l'Auvergne, la Bourgogne et la Bretagne. En revanche, le Sud-est semble à la traine...
Hervé Novelli, secrétaire d'Etat au Commerce et à l'Artisanat commente les premiers résultats de cette étude : « si l'on extrapole ce chiffre (4000 contrôles) à l'ensemble des restaurants français... Ça signifie qu'un restaurant sur deux s'inscrit dans une perspective de baisse des prix. Ce qui est très encourageant ! »

Augmentation salariale attendue de 5%

Le secrétaire d'Etat au Commerce, va d'ailleurs se rendre compte de l'application de la mesure par lui-même aujourd'hui. Une visite surprise dans un restaurant de Montmartre, à Paris, pour bien vérifier la baisse des prix à la carte. Au programme aussi, une rencontre avec les syndicats de salariés de la restauration pour évoquer les augmentations de salaire en contrepartie de la baisse de la TVA. Augmentations qui doivent intervenir avant la fin 2009. Là-dessus, Hervé Novelli est très clair : « Quoi qu'il arrive il y aura une augmentation salariale dans ce secteur. Les chiffres qui sont avancés sont de l'ordre de 5% ce qui n'est absolument pas négligeable.... Il y a aussi l'amélioration de la protection sociale du salarié et la création d'une mutuelle pour frais de santé qui n'existe pas. »

7 produits ou plats choisis par le restaurateur

Christine Pujol est la présidente confédérale de l'Union des métiers de l'industrie hôtelière. Un restaurant sur deux n'applique pas encore la baisse de la TVA sur les prix: comment l'explique-t-elle ? « C'est complexe comme message à faire passer. Ce ne sont pas tous les prix qui doivent baisser, c'est 7 produits, 7 plats et le restaurateur choisi ce qu'il veut. Baisser que le café, ce n'est pas suffisant. C'est vrai que c'est symbolique. Y'en a même qui souhaitaient que tous les cafés soient à 1 euro. Mais vous ne pouvez pas faire payer les cafés 1 euro. Si vous allez dans un restaurant 3 macarons Michelin, le café sera jamais à 1 euro... Il y a le service, la vaisselle. »

La rédaction avec Christophe Bordet