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Vandale de Vélib', désormais "tu casses, tu répares"

Une centaine de Vélib' retrouvée dans le canal Saint-Martin.

Une centaine de Vélib' retrouvée dans le canal Saint-Martin. - Patrick Kovarik - AFP

Les utilisateurs des vélos en libre-service ne prennent pas assez soin des deux-roues mis à leur diposition. Une attitude qui oblige la mairie de Paris et JCDecaux, qui gère ce service, à prendre des sanctions.

Si le nettoyage du canal Saint-Martin nous a bien appris quelque chose, c'est que les Parisiens et touristes ne prennent pas soin des Vélib'. Près d'une centaine de ces vélos ont été retrouvés dans la vase. D'ailleurs, chaque année, l'équivalent de la totalité du parc est volé. Si 91% des bicyclettes sont retrouvées, 27% d'entre elles doivent être détruites car trop abimées pour être réparées.

Des comportements qui ont obligé la Ville de Paris et JCDecaux, entreprise qui gère ces vélos en libre-service, à agir. Évidemment, des moyens ont été mis en place en amont pour éviter les vols tels que l'installation de potelets ou des serrures renforcées. Et des mesures ont été prises pour rechercher les coupables: vidéosurveillance ou formation d'équipes pour rechercher les vélos volés. Mais surtout, les sanctions jouent sur la responsabilité des uns et des autres. Outre une amende – si un vélo n'est pas restitué dans les 24h la caution de 150 euros peut être débitée – la "réparation pénale" a été élargie.

"Tu casses tu répares"

En effet, en janvier 2013, le parquet de Paris, la ville de Paris et JCDecaux ont mis en place le dispositif "tu casses tu répares". Les mineurs sont ainsi orientés "par le parquet vers des ateliers Decaux pour y réparer des Vélib', avec les équipes d’entretien habituelles", explique Nadhéra Beletreche, direction de l'information et de la communication à la mairie de Paris. Les jeunes sont accueillis deux jours dans les ateliers. "Ce dispositif constitue une réponse au titre de la prévention de la récidive, particulièrement cohérente pour les jeunes identifiés spécifiquement par le Parquet. Il permet de d’adapter au mieux la réponse judiciaire à chaque jeune", précise Nadhéra Beletreche. Ainsi, 89% des mineurs accueillis en 2014 n’ont depuis jamais refait l’objet d’une procédure suivie par le parquet.

Une telle réussite que dorénavant, ce dispositif est étendu aux majeurs, "soit dans le cadre d’une mesure de réparation pénale (REP), c’est à dire sans qu'ils soient passés devant un juge, soit dans celui d’un travail d'intérêt général (TIG), soit dans le cadre de l'exécution d'une peine", explique JCDecaux dans un communiqué. Le but est de sensibiliser les utilisateurs, mineurs ou majeurs au respect des biens privés et publics, et "plus spécifiquement en leur faisant prendre conscience que les utilisateurs sont pénalisés par leur comportement et que des collaborateurs JCDecaux doivent réparer les conséquences de leurs dégradations".

Diane Lacaze