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Un hôtelier pénalisé par la grève SNCF demande 52.000 euros à Pepy

Le groupe hôtelier Altica estime avoir perdu un tiers de son chiffre d'affaires depuis le début de la grève. Il demande à la SNCF, avec une pointe d'ironie, de s'acquitter d'une facture de 52.816,61 euros qui correspond au manque à gagner.

Victime collatérale de la grève des cheminots, le groupe hôtelier Altica a décidé de manifester son mécontentement auprès de la SNCF. Dans une lettre adressée au PDG de la compagnie ferroviaire, Guillaume Pepy, le groupe qui compte dix hôtels dans le Sud-Ouest a transmis une facture d’un montant de 52.816,61 euros correspondant à "l’impact financier du coût de la grève qui dure depuis le 3 avril et ne semble pas vouloir se terminer".

"Nous, professionnels de l'industrie hôtelière, n'ayant pas l'habitude des manifestations, piquets de grèves et blocages en tout genre, en profitons pour travailler et vous écrire ces quelques lignes ... un comble en ce mois de jours fériés et de repos à l'occasion des ponts de l'Ascension et la Pentecôte", écrit le groupe dans sa lettre repérée par Sud-Ouest, ajoutant qu’il a constaté "plusieurs annulations durant le mois de mai, et compris qu’elles étaient dues aux grèves". "Le mois de mai qui s’annonçait exceptionnel avec ses ponts, ne l’a pas été", déplore Altica.

"Nous vous adresserons donc sans délais une facture de 52 816.61 euros TTC"

Dans le détail, le groupe girondin indique avoir "perdu un tiers de (son) chiffre d’affaires à période égale".

"Nous avons donc pensé, vu le choc économique, à vous adresser la facture. […] Sept de nos hôtels (Bordeaux Mérignac, Bordeaux Floirac, Bordeaux Villenave-d’Ornon, Port d’Arcachon, La Teste Sud, Anglet et La Rochelle) […] ont été très sévèrement touchés par cette grève, étant stratégiquement situés sur l’axe et la ligne SNCF que vous connaissez parfaitement: Paris-Bordeaux-Hendaye. Nous vous adresserons donc sans délais une facture de 52 816.61 euros TTC dont nous demanderons de bien vouloir vous acquitter à réception (faute de quoi, nous nous verrions dans l’obligation d’appliquer des pénalités de retard avec taux d’intérêt légal en vigueur)", écrit Altica avec une pointe d’ironie.

Et le groupe hôtelier de reprocher à Guillaume Pepy son manque d'implication: "Pourquoi nous adresser à vous me direz-vous ?! eh bien…on s’est dit qu’un petit geste de votre part serait le bienvenu, donnant une image plus positive de votre communication. Car, à défaut de communiquer (navrés mais on ne vous entend pas beaucoup), pourquoi ne pas mettre la main au porte-monnaie ?".

"C'est pour marquer le coup"

Tel "un matelot pris dans la tempête", le groupe girondin dit "naviguer à vue" et "l’incertitude de la durée de cette grève nous oblige à nous tourner vers vous", écrit-il. Avant d'ajouter: "Nous avons également envisagé de faire grève/ ne pas venir travailler/ ne pas payer nos fournisseurs mais … rapidement la réalité nous a rattrapés et … on a abandonné l’idée! C’est incroyable comme il existe en France des secteurs d’activités privilégiés, vous ne trouvez pas?".

Si le groupe Altica indique avoir effectivement envoyé la missive au PDG de la SNCF, il se fait peu d’illusions quant aux suites données à sa demande: "On n’en espère pas grand-chose mais c’est pour marquer le coup".

P.L