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Uber : course à la croissance en Orient avant la Bourse

Uber frappe un grand coup pour croître vite, et séduire les investisseurs boursier avant son IPO.

Uber frappe un grand coup pour croître vite, et séduire les investisseurs boursier avant son IPO. - JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Le géant américain vient d'annoncer le plus gros rachat de son histoire : celui de son concurrent au Moyen-Orient, Careem, pour 3,1 milliards de dollars.

Grandir et s'étendre vite pour convaincre. C'est tout l'objectif d'Uber avec l'annonce du rachat de l'opérateur de VTC de Dubaï, Careem, pour un peu plus de 3 milliards de dollars. Une belle prime si l'on regarde le dernier tour de table de Careem, qui le valorisait à hauteur de 2 milliards en octobre dernier. 

L'opération donne d'un coup à Uber les clés du marché au Moyen-Orient, Careem étant présent sur toute la zone, 14 pays (dont l'Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, etc...) et 100 villes au total, avec une présence au Maghreb (Uber pourra ainsi revenir sur le marché marocain qu'il avait quitté l'année dernière), en Turquie et au Pakistan, et un portefeuille de 33 millions de clients. Un nombre qui va croître également dans les prochains mois avec le lancement de services de livraisons de repas à domicile. 

Frapper un grand coup

L'offensive sur Careem était négociée de longue date, et les premiers pourparlers ont eu lieu l'été dernier. La cible était idéale pour Uber, aussi bien dans son cœur de métier et son modèle économique que dans le traitement de données, les technologies, et les services annexes.

Uber avait besoin de frapper un grand coup avant son introduction en bourse ces prochains mois, et un « Road Show » qui doit s'organiser pour convaincre les investisseurs. Car il est clair que le supergéant du VTC n'est pas au mieux économiquement ces derniers mois et provoque plutôt la défiance chez les investisseurs potentiels.

Concurrence acharnée sur l'ensemble de ses marchés (70 pays au total), échec et retrait de l'opérateur sur beaucoup de zones prometteuses à l'origine, notamment la Chine, la Russie ou l'Asie du Sud-Est... Uber doit affronter également sur ses marchés-clés une concurrence de plus en plus forte, ainsi que des incertitudes notamment en Europe, avec un cadre réglementaire de plus en plus restrictif.

Rassurer et convaincre la Bourse

L'acquisition de Careem veut prouver qu'Uber est encore capable de croître rapidement sur des marchés prometteurs à fort potentiel, et faire repartir la machine économique. Au dernier trimestre 2018, même si le groupe est arrivé à endiguer quelque peu ses pertes, Uber a encore perdu plus de 860 millions de dollars. 

Cette offensive va permettre à Uber de retrouver du souffle, conquérir des clients et attirer les chauffeurs. Malgré tout, l'opérateur compte conserver la marque Careem et toute son architecture, pour ne pas provoquer de désaffection de la clientèle existante, fidélisée depuis les premiers pas en 2012.

Une opération qui va aussi permettre de convaincre les investisseurs pour une introduction en Bourse qu'Uber souhaite la plus importante possible : l'opérateur prévoit de lever jusqu'à 120 milliards de dollars, et ainsi enfoncer le clou pour marquer sa domination, tout en investissant pour le futur. Son plus proche concurrent, l'américain Lyft qui va s'introduire en bourse en fin de semaine, compte chercher une vingtaine de milliards tout au plus.